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Aéroport de Nice Côte d'Azur : une extension contestée

Alpes-Maritimes Publié le - - Urbanisme

Aéroport de Nice Côte d'Azur : une extension contestée
Aéroports de la Côte d'Azur - Le projet d'extension comporte une darse d'embarquement (photo) et un module ressources.

L'Etat vient de délivrer le permis de construire pour la nouvelle extension du terminal 2 de l'aéroport Nice Côte d'Azur. Mais le projet et son impact sur l'environnement font débat et la justice administrative pourrait à son tour être amenée à se prononcer.

Deuxième de France (14 millions de passagers) après les aéroports parisiens, l'aéroport Nice Côte d'Azur avait jusqu'à présent rencontré peu d'opposition à ses projets de développement. Au début des années 2000, le terminal 2 avait notamment été prolongé, sans difficulté, d'un ouvrage monumental de béton, de verre et d'acier - un cône inversé de 120 m de diamètre et de 37 000 m2 - signé Paul Andreu et permettant d'accueillir 4 millions de passagers supplémentaires.

Près de vingt ans plus tard, le contexte, montée des préoccupations environnementales oblige, n'est plus le même. La nouvelle extension prévue du terminal 2.2 - plus de 25 000 m2 pour une nouvelle augmentation de capacité de 4 millions de passagers -, que s'apprête à lancer la société Aéroports de la Côte d'Azur, suscite interrogations et inquiétudes. Le climat notamment s'est tendu entre défenseurs de l'environnement qui dénoncent « une aberration climatique » (nouvelle croissance du trafic aérien, augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES), impact sur l'écosystème local, etc.) et les responsables de cet aéroport privatisé. Ces derniers mettent en avant une progression à terme limitée des mouvements d'avions grâce à l'amélioration de leur taux de remplissage, ce qui devrait minimiser l'impact de cette extension.

Permis avec prescriptions et recommandations

L'enquête publique s'est achevée par un avis favorable, assorti toutefois de plusieurs réserves. L'Etat, en charge de la délivrance du permis de construire, vient de trancher et le préfet des Alpes-Maritimes a signé le 31 décembre l'autorisation des travaux. Le représentant de l'Etat a assorti cette autorisation de deux prescriptions (le respect du plan d'exposition du bruit de l'aéroport et une meilleure intégration du projet dans le paysage) et de plusieurs recommandations sur l'étude et le suivi des émissions de GES, l'impact sur la faune et la flore, une réflexion sur les déplacements générés par la zone aéroportuaire, etc. Une réunion a été programmée début 2020 entre l'aéroport, l'Etat et les collectivités pour évaluer et suivre l'impact du projet.

Pas sûr que ces décisions vont stopper la contestation et les défenseurs de l'environnement ont d'ores et déjà annoncé leur intention de déposer des recours devant le tribunal administratif. Des tensions qui révèlent que la voie est désormais étroite, dans les métropoles denses, entre développement économique, extension de certaines infrastructures de transport et préservation de l'environnement.

Il y a quelques semaines la métropole Nice Côte d'Azur a adopté son plan climat air énergie territorial 2019-2026 prévoyant sur le territoire une nouvelle baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 26%. Fin septembre elle a même voté à l'unanimité une motion « déclarant l'état d'urgence climatique »...

Forte concentration d'infrastructures sur le littoral

Ces messages contradictoires, auxquels s'ajoutent des « insuffisances significatives » relevées par l'autorité environnementale dans son avis sur cette extension, ne facilitent pas l'acceptation du projet. Dans les Alpes-Maritimes, la concentration des infrastructures de transport sur une étroite bande littorale où vit la majorité de la population fait que les habitants sont exposés, au-delà des normes européennes, à la pollution au dioxyde d'azote et aux particules fines. Au niveau urbain, le trafic aérien représente 16,5% des émissions d'oxydes d'azote générées par les transports. Tous secteurs confondus, cette part est de 3,95% pour les particules PM10 et de 2,28% pour les PM2,5 (source : Atmo Sud PACA).

Des valeurs, pour les particules fines, relativement faibles mais qui sont à relativiser par le fait qu'il n'existe pas à l'heure actuelle de traceurs permettant de mesurer les polluants émis par les avions au-dessus de 1000 m ; seules les phases d'atterrissage et de décollage étant prises en compte. De même, les actions fortes menées par l'aéroport pour réduire ses émissions de GES (aéroport « carbone neutre » et objectif « net zéro émission ») ne prend pas en compte les émissions liées au décollage et à l'atterrissage des avions.




Rémy Mario
Journaliste

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