AccueilEconomie[Acteurs du Vaucluse] "L'agroalimentaire est la filière la plus structurée du Vaucluse"

[Acteurs du Vaucluse] "L'agroalimentaire est la filière la plus structurée du Vaucluse"

Comment se porte l'économie en Vaucluse ? Pour répondre à cette question, Alain Ricci, notre journaliste basé à Avignon, est allé à la rencontre des forces vives de ce département pour dresser le portrait d'un département encore en mutation. Cette semaine, Cathy Fermanian, directrice générale de l'Agence de développement économique de Vaucluse revient sur l'agroalimentaire.
[Acteurs du Vaucluse]
A. RIcci - L'agroalimentaire représente 10% du chiffre d'affaire industriel du Vaucluse

EconomieVaucluse Publié le ,

TPBM : Qu'entendez-vous par filière agroalimentaire ?
Cathy
Fermanian
: En Vaucluse, c'est la filière la plus structurée et la plus complète qui rassemble des acteurs de la recherche et développement, de l'appui à l'innovation, des centres techniques, des pôles de compétitivité, des PME très innovantes et des grands comptes, et des sociétés qui interviennent en satellite. C'est la filière historique du département, en lien avec la production agricole. L'industrie agroalimentaire évolue grâce aux innovations technologiques pour s'adapter aux nouvelles attentes du consommateur. En Vaucluse, certaines activités sont fortement représentées comme les fruits et les légumes, les céréales, les épices, les sauces, les plats cuisinés, les boissons, l'alimentation santé (compléments alimentaires, neutraceutiques*).

Quel est le poids de cette filière dans l'économie vauclusienne ?
Cette industrie représente 23% des emplois et 10% du chiffre d'affaires industriel du Vaucluse. Le secteur compte plus de 200 établissements employant près de 9.000 salariés. 42% de la production sont dédiés à l'export. Une dizaine d'établissements emploie plus de 250 salariés et 46% des entreprises ont moins de 20 salariés.

Le Vaucluse bénéficie de productions agricoles précoces, abondantes et variées. Il se place au premier rang français pour la production de raisin de table, de cerises et de pommes Golden. De fait, la transformation des fruits et légumes domine l'activité agroalimentaire vauclusienne (31% des établissements), notamment les produits alimentaires quatrième gamme, une dénomination qui a été inventée à Avignon (NDLR : produits agricoles et préparations crus, prêts à l'emploi ; il peut s'agir par exemple de salades, de crudités - carottes râpées... - ou de légumes épluchés, prêts à cuire, conditionnés en sachet de plastique, parfois dans une atmosphère modifiée, et conservés par réfrigération).

Le bassin de production du Sud-Est produit plus de 50% de la salade française, ce qui représente 400 producteurs. Une dizaine de sites de production s'approvisionne auprès de ces producteurs et transforme 60.000 quintaux de salade par an.

Quels sont les facteurs de développement de la filière agroalimentaire ?
Les facteurs de développement, je les vois beaucoup dans l'innovation agroalimentaire. C'est là où le Vaucluse peut sortir du lot. Nous avons Agroparc, le technoparc régional dédié à l'intelligence agroalimentaire. Il se positionne pour accueillir des activités en lien avec l'intelligence alimentaire, que ce soit sur le secteur de l'ingrédient, du process, des équipements et des secteurs connexes comme l'emballage. L'avenir de la filière est sur des activités innovantes, comme France Eco-Extraction. Cette association met en synergie des compétences de trois pôles de compétitivité (Terralia, Pass - Parfums arômes senteurs saveurs - et Trimatec), de partenaires techniques (Laboratoire Green de l'Université d'Avignon, l'IFS - Innovation fluides supercritiques -, l'UESS - Université européenne des saveurs & senteurs - et France Agrimer) et de trois plates-formes technologiques complémentaires (Extralians, Erini -European Research Institute on Natural Ingredients - et la plate-forme Green) dans le domaine de l'éco-extraction du végétal, c'est-à-dire la production d'extraits végétaux sûrs pour l'homme et l'environnement.

Quels sont les projets qui pourraient stimuler cette filière ?
On travaille avec la Communauté d'agglomération Ventoux - Comtat Venaissin sur le projet de réhabilitation du marché-gare et de création d'un nouveau parc d'activités dédié aux filières de l'or vert, autour du végétal. Autre exemple : les ateliers agroalimentaires du Grand Avignon. On a piloté des études de faisabilité sur ce projet. Il consiste à utiliser les locaux vacants au sein du CTCPA pour pouvoir créer trois ateliers de production réservés aux activités innovantes dans le domaine de l'agroalimentaire. C'est une sorte de pépinière d'entreprises. Car aujourd'hui on perd des projets. On a des activités qui sont mises au point à Avignon, mais qui partent ensuite, car on n'a pas de bâtiments disponibles pour les accueillir.

* Mot formé par la contraction de « nutriment » et « pharmaceutique ». Il s'agit d'aliments ou de nutriment présentés comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies humaines.

La suite de cette interview est à lire dans le numéro 1090 de TPBM (paru le 12/08/2015). Retrouvez la suite de notre immersion dans les filières économiques de Vaucluse à la rentrée.

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