AccueilEconomie« A Ocova, nous bâtissons la montagne de demain »

« A Ocova, nous bâtissons la montagne de demain »

Ce 9 janvier, le forum Ocova portera sur l'apport des technologies touristiques dans les transitions écologique et économique de la montagne. Interview de Pierre Vollaire, maire des Orres et organisateur d'Ocova, et Yann Bidault, chef de projet.
Le but d'Ocova ? « Que les territoires de montagne puissent bénéficier d'innovations que l'on trouve en général dans les métropoles » répond Pierre Vollaire, maire des Orres et organisateur du forum.
Station de Réallon - Le but d'Ocova ? « Que les territoires de montagne puissent bénéficier d'innovations que l'on trouve en général dans les métropoles » répond Pierre Vollaire, maire des Orres et organisateur du forum.

EconomieHautes-Alpes Publié le , Propos recueillis par Marie-France SARRAZIN

TPBM : Le forum Ocova se tient ce 9 janvier aux Orres. A quoi sert-il et à qui s'adresse-t-il ?

Pierre Vollaire : Il réunit l'ensemble des acteurs technologiques, institutionnels, financiers, des décideurs, stations, intercommunalités ou encore la Région autour du numérique et de l'énergie pour bâtir la montagne de demain. Le but est que les territoires de montagne puissent bénéficier d'innovations que l'on trouve en général dans les métropoles. Les problématiques ne sont pas les mêmes en montagne, terres peu densément peuplées. Il s'agit d'instaurer des solutions plus adaptées dont les réseaux LoRa à longue portée et faible consommation d'énergie.
Ces dernières années, nous avons travaillé sur l'abaissement des consommations d'énergie, la production d'énergie renouvelable en station. Aujourd'hui, l'idée est de penser à plus large échelle, celle d'un territoire, en lien avec la Région, pour pouvoir atteindre les objectifs de neutralité carbone à court terme. Cette dynamique a déjà démarré au niveau de la communauté de communes de Serre-Ponçon (CCSP), mais c'est vrai qu'on ne voit pas partout cette démarche de territoire.

Il y a un aspect très concret et pratique derrière Ocova...

Yann Bidault : Ocova c'est un forum, pas un salon, et il se monte des projets. On peut citer l'exemple du centre balnéo et spa Durancia, à Montgenèvre. Le SyME 05, à travers sa plateforme Sage, y déploie des solutions de maîtrise de l'énergie pour mieux gérer la consommation énergétique. Nous avons initié la mise en relation entre Montgenèvre et notre expert Smart Altitude, et dans le cadre d'Ocova, une rencontre entre le SyME 05 et Montgenèvre a permis d'aboutir à ce partenariat.

Partenariat Montgenèvre et Territoire d'énergie 05 : l'heure du premier bilan

Pierre Vollaire : Lors de cette 19e édition, nous organisons des workshops autour de l'intelligence artificielle sur la mobilité, l'énergie, l'eau, en réunissant des acteurs transverses. Pour faire collaborer ces acteurs, il faut des outils. En matière d'eau, par exemple, nous mettons autour de la table le Smadesep [Syndicat mixte d'aménagement et de développement de Serre-Ponçon, NDLR], Veolia, la commune des Orres, la CCSP, dont je suis d'ailleurs le vice-président en charge de ces sujets.
Au niveau de Serre-Ponçon, on travaille à la collecte de l'ensemble des données en matière de consommation, de besoins, de variations de la météo, de débit des torrents qui alimentent la vallée et le lac. On peut mettre en place des outils prédictifs grâce à l'intelligence artificielle pour mieux gérer la ressource en eau et pallier les problématiques qu'on a connues cet été.

Yann Bidault est chef de projet Ocova. (Crédit : D.R.)

Est-ce que la transition écologique des stations passe forcément par l'innovation ?

Yann Bidault : La technologie ce n'est pas tout, mais c'est indispensable. Si on veut agir sur la transition écologique, il faut déjà disposer de connaissances et donc collecter des données de terrain issues d'un ensemble de systèmes. Il faut ensuite les organiser pour comprendre avant d'aboutir au contrôle et à l'amélioration des situations. Mais la technologie seule ne sert à rien. Une partie du forum est consacrée au partage des données entre les parties prenantes. Ce qui est intéressant, c'est d'interconnecter des plateformes métier pour obtenir des tableaux de bord globaux qui permettent aux décideurs de mieux gérer les consommations. Il faut aussi impliquer les politiques régionaux, nationaux, voire européens, pour qu'ils aient un retour sur l'efficacité des politiques déployées et mieux accompagner les territoires dans leur transition écologique.

La technologie sert aussi à la transition économique des stations.

Pierre Vollaire : C'est exact. C'est ce que nous mettons en place aux Orres, à travers notre station expérientielle. Notre pôle sport et innovation sera opérationnel en décembre 2023. Une partie du bâtiment est déjà construite. Au programme, apprentissage, amélioration des performances et aspect ludique à travers des caméras, des capteurs sur le domaine... D'un autre côté, nous aurons aussi des simulateurs et dispositifs de réalité augmentée permettant de tester les activités de plein air proposées en station et dans la vallée en toute sécurité. Le but étant de conduire à une pratique régulière en réel dans un objectif de diversification.

Avez-vous des exemples concrets d'avancées, à l'image de ce que vous avez initié aux Orres, qui est une sorte de laboratoire en la matière ?

Pierre Vollaire : A travers des programmes européens, nous avons mis en place des outils pour capter des données, abaisser les consommations d'énergie, donc les émissions de gaz à effet de serre et réduire les coûts. Idem sur la gestion de l'eau. La mesure laser Lidar permet de connaître la topographie du terrain hors neige et des capteurs GPS introduits dans les dameuses mesurent la hauteur de neige à l'instant T. Nous pouvons ainsi produire uniquement la neige de culture dont nous avons besoin.
Dans le cadre de Smart Altitude, nous avons installé un hyperviseur pour la gestion de la ressource en eau aux Orres, avec Veolia, à l'image de ce que fait Toulon Provence Méditerranée. Nous pouvons ainsi suivre les consommations, surveiller les réseaux, voir s'il y a des fuites. Un réseau LoRa bas débit fait passer des données des compteurs d'eau à l'hyperviseur. Il sert aussi au pilotage de l'éclairage public aux Orres, nous permettant de le couper à 22 h 30, d'abaisser de 20 ou 30 % l'éclairage Led d'un réverbère. Autre application du réseau LoRa : l'installation de transducteurs dans les poches des moniteurs et des pisteurs pour connaître leur position.

Pierre Vollaire, maire des Orres et organisateur du forum. (Crédit : D.R.)

Est-ce que d'autres territoires de montagne se sont emparés de ces outils ?

Pierre Vollaire : Il se passe aussi des choses ailleurs bien sûr, comme à Serre Chevalier en matière de production d'énergie renouvelable. Les Orres sont une station pilote. Dans le cadre de Smart Altitude, nous avons embarqué autour de nous une vingtaine de stations européennes. Ce qui est bien, c'est le partage d'expérience, l'échange avec les autres stations.

Yann Bidault : Dès 2014, Les Orres ont mis un place un système de management de l'énergie. Pour l'instant, nous sommes en pointe aux Orres, au sujet des instruments de contrôle sur les consommations énergétiques et des opérations des stations. C'est lié à Alpstar et Smart Altitude. Quand on a fait Smart Altitude, le plus avancé des 10 partenaires du consortium de ce programme européen, c'étaient Les Orres.

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