AccueilUrbanisme30 M€ pour créer un village touristique et résidentiel au bord de Serre-Ponçon

30 M€ pour créer un village touristique et résidentiel au bord de Serre-Ponçon

La Compagnie Gustave Groebli a été choisie par le Département en 2007 pour la reconversion d'une ancienne colonie de vacances au Sauze-du-Lac. Le dépôt de permis de ce futur village touristique et résidentiel de 1000 lits doit être déposé avant la fin de l'année. Le programme, conçu par l'Atelier Xavier Bohl, s'inspirera de l'architecture locale pour une intégration paysagère optimale.
30 M€ pour créer un village touristique et résidentiel au bord de Serre-Ponçon
Atelier Xavier Bohl - Ce projet de 12 000 m² de surface plancher s'étalera sur 24 bâtiments, du petit collectif de faible hauteur entouré de verdure.

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Il en faut de la ténacité pour porter à bout de bras un projet après 15 ans de bataille. « Un promoteur classique serait parti. Mais là, c'est affectif. Gustave Groebli a passé une partie de son enfance à Savines », confie Sébastien Gasquet, en charge de la gestion patrimoine et immobilier pour la Compagnie Gustave Groebli, dont le nom n'est plus à faire dans le domaine du développement touristique (16,8 M€ de chiffre d'affaires réalisé en 2019).

En 2007, le Département des Hautes-Alpes lance un appel à projets pour la reconversion de l'ancienne colonie de vacances de Shell, au Sauze-du-Lac, remporté par ce fameux groupe de l'Hérault. Un dossier complexe car soumis à la fois à la loi montagne et à la loi littoral, qui a fait l'objet de multiples recours de la part d'associations écologistes. L'an dernier, la compagnie retravaille son projet, qui passe de 18 000 à 12 000 m2 de surface plancher, revoit le positionnement des bâtiments, les intégrations paysagères, refait toutes les études. Le projet est donc entièrement repensé afin de respecter au mieux les différentes contraintes réglementaires et environnementales, tout en continuant de répondre aux critères de l'appel à projet du Département

Ce programme, intitulé Bayle Coste du lac, situé sur le site du Foreston, est conçu par l'architecte Xavier Bohl, à l'origine de Port-Grimaud. « Contrairement à certains architectes qui veulent laisser leur empreinte, M. Bohl estime que sa mission est réussie si on a l'impression que le village qu'il a créé a toujours existé », s'enthousiasme Sébastien Gasquet. Le site du Foreston, anthropisé, comporte des bâtiments en dur, de petits chalets et des prés déboisés. Il s'agit d'y créer un nouveau hameau, en s'inspirant de l'architecture locale et en utilisant du bois des Alpes, divisé en deux parties : d'un côté, 80 appartements en accession à la propriété, de l'autre une résidence de tourisme 3 étoiles composée de 100 logements. Le tout réparti sur 24 bâtiments, du petit collectif de faible hauteur entouré de verdure. « Le projet s'étend sur une surface raisonnée et comprend 1 000 lits », commente Sébastien Gasquet.

« Il n'y a pas une semaine sans qu'on me demande s'il y a un logement à louer ou à acheter au Sauze »

Les deux bâtiments existants seront réhabilités. Le premier servait de réfectoire et de centre d'accueil à la colonie de vacances ; il deviendra l'accueil de la future résidence de tourisme. Le second logeait les encadrants et abritait des salles communes ; il comprendra désormais le logement du gardien du futur lotissement et quelques appartements. Le programme prévoit donc beaucoup de constructions neuves.

La partie en accession sera réalisée en premier. Les logements disposeront d'une piscine commune couverte et de parkings en sous-sol et en extérieur, mais invisibles depuis l'autre rive du lac. Deux bassins - une pataugeoire et une piscine -, un petit centre de balnéothérapie et une salle polyvalente accompagneront la création de la résidence de tourisme, qui elle aussi bénéficiera de nombreux stationnements.

L'architecte Xavier Bohl, à l'origine de Port-Grimaud, a conçu un programme de type hameau, inspiré de l'architecture locale et qui fera la part belle au bois des Alpes. (Crédit : Atelier Xavier Bohl)

Pour dissiper les inquiétudes que générerait la création d'une résidence de tourisme, du fait des nombreux écueils essuyés ces dernières années, Sébastien Gasquet rassure : « On construit, et on exploite derrière, le but étant d'éviter les volets clos. » Quant à la question environnementale, il soutient une forte volonté écoresponsable, dans la limite de ce que permettra la loi en matière d'intégration paysagère.

Le projet, d'un montant de 30 M€ (dont 5 M€ d'études), a été présenté en préfecture à l'automne dernier, l'objectif étant de déposer le permis de construire avant la fin de l'année. « On est prêts. Dès qu'on pourra démarrer les travaux, on le fera », promet Sébastien Gasquet. De son côté, le maire du Sauze-du-Lac, Bernard Raizer, y est plus que favorable, avec la perspective de création d'emplois et de richesse. « Il n'y a pas une semaine sans qu'on me demande s'il y a un logement à louer ou à acheter au Sauze. Et puis le versant gauche de la Durance n'est pas exploité. La zone entre Le Sauze et Savines-le-Lac est vide, d'autant plus que le camping Odalys du Lauzet-Ubaye disparaît. »

En chiffres

12 000 m2 de surface de plancher
180 logements
24 bâtiments
1 000 lits à majorité touristiques
30 M€ d'investissement dont 5 M€ d'études
150 emplois dans le bâtiment
2 M€ déjà investis
15 ans d'études de faisabilité
25 emplois promis
6 M€ de retombées touristiques annuelles à terme pour l'économie locale

Un groupe très implanté dans l'Embrunais

Si, dans les années 1980, Gustave Groebli démarre avec l'hôtellerie de plein air (le Domaine de la Dragonnière 5* à Vias, dans l'Hérault), il s'oriente vers l'hôtellerie de charme à Varennes-Jarcy, dans l'Essonne, dans les années 1990.

La décennie suivante, le groupe se déploie dans les Hautes-Alpes, destination de cœur de Gustave Groebli. 2006 marque la création des Logis d'Orres (3*), dans une ancienne bergerie des Orres. Une piscine, un restaurant, deux petits collectifs et une quinzaine de chalets mitoyens en ossature bois complètent l'offre. En projet, l'extension de cette résidence avec une vingtaine de logements supplémentaires. En 2007, le groupe rachète et rénove l'hôtel-restaurant de la Mairie (3*), à Embrun. A Embrun toujours, il crée, dans une ancienne bâtisse, le Château de la Robéyère (3*), hôtel-restaurant spa qui deviendra ce mois-ci Best Western signature collection (4*). En 2012, le groupe achète l'hôtel de la Mazelière à Embrun qu'il projette de transformer en locaux professionnels et espace de co-working.

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