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13 Habitat démolit le Saint-Norbert à Salon-de-Provence

La destruction de l'ensemble de 200 logements a débuté dans le quartier des Canourgues. Le « Saint-Norbert » laissera la place à un grand pôle de santé.

BTP Publié le ,

« Une page de l'histoire de notre cité se tourne », a confié Nicolas Isnard, maire de Salon-de-Provence, en voyant l'engin grignoter peu à peu les murs du bâtiment Saint-Norbert, dans le nord de la ville. Ce chantier de 8,5 millions d'euros mené par 13 Habitat et cofinancé avec l'ANRU et le Département des Bouches-du-Rhône a débuté en mars dernier par une phase de curage et de désamiantage. Au printemps 2021, une fois la dépose des fondations et la remise en état des sols opérées, il ne restera plus rien de l'édifice, érigé dans les années 60, où ont vécu 200 familles. « Ce projet est l'aboutissement de six ans de travail, poursuit le maire. Il y avait ici un mal-vivre réel, de nombreux logements vacants, en raison de la délinquance et des trafics qui s'y étaient développés. Le "Saint-Norbert" était devenu l'emblème d'un urbanisme dont nous ne voulons plus. Les familles ont toutes été relogées sur le parc de 13 Habitat ou chez d'autres bailleurs sociaux, là où elles le souhaitaient ».

Pour le président de 13 Habitat, Lionel Royer-Perreaut, la démolition résulte d'une « volonté politique » exprimée dès 2014 par Nicolas Isnard, mais l'ambition était complexe à mettre en œuvre. Dans certains foyers, il a fallu gérer des demandes de « décohabitation » en trouvant, par exemple, un logement pour un enfant désireux de quitter le domicile familial, en plus de reloger ses parents. « Parfois, pour un seul ménage, nous avons dû rechercher deux, voire trois logements. 85% des personnes ont trouvé une solution sur notre parc, le reste a été réparti sur le pays salonais et l'étang de Berre. Dans le même temps, il nous fallait lutter contre les tentatives de squats. Six ans, c'est donc un délai exceptionnel pour acter le projet politique, reloger et démolir ». Des mesures spécifiques ont été instaurées pour limiter les nuisances (poussières, bruit…) sur les habitations alentour et respecter l'environnement. Environ 8 000 tonnes de gravats sont à évacuer pour valorisation sur une plateforme dédiée à Charleval. Les opérations sont réalisées sous la maîtrise d'œuvre de l'agence sud Ginger Deleo. Les entreprises Morin TP, Valgo et MJK ont assuré le pré-curage et le désamiantage, Premys le curage, la démolition et la remise en état. BTP Consultants coordonne la sécurité et la protection de la santé (SPS). Dix personnes interviennent sur le chantier.

Un cadre de vie renouvelé

Une fois l'immeuble détruit, le quartier y gagnera en qualité de vie, mais il va s'ouvrir à d'autres activités, annonce Nicolas Isnard. « Le futur, c'est la recomposition de cet espace autour d'une mixité d'usages. Je préciserai les orientations en avril avec le partenaire concerné mais nous voulons implanter ici un pôle santé publique avec une clinique de 115 lits sur une spécialité encore non présente sur notre ville. Il y aura aussi une pharmacie, une maison médicale avec différents professionnels… Le nord de Salon ne sera plus montré du doigt ».

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