AccueilUrbanismeSandrine Bordin : « Malgré la crise, on maintient notre effort d'investissement »

présidente du directoire de Logis Méditerranée Sandrine Bordin : « Malgré la crise, on maintient notre effort d'investissement »

Tout juste sortie du confinement, Logis Méditerranée (groupe 1001 Vies habitat) a réceptionné fin mai les travaux de requalification d'un ensemble de 78 logements, à proximité du noyau villageois de la Cabucelle* à Marseille (15e). Sandrine Bordin, présidente du directoire de Logis Méditerranée, revient sur l'originalité de ce chantier et évoque les projets de l'entreprise social pour l'habitat.
Sandrine Bordin : « Malgré la crise, on maintient notre effort d'investissement »
D.R. - Sandrine Bordin, présidente du directoire de Logis Méditerranée.

UrbanismeBouches-du-Rhône Publié le ,

TPBM : Pour remettre aux normes contemporaines les deux bâtiments de la résidences Les Terrasses de la Cabucelle, vous avez dû réaliser des travaux en site occupé. Comment avez-vous relevé ce défi ?
Sandrine Bordin :
C'est effectivement compliqué. Nous avons été accompagnés par le Geres, ONG spécialisée dans l'énergie durable qui a assuré l'interface entre les entreprises et les habitants. Pour minimiser la gêne des occupants, nous avons essayé de regrouper l'intervention de tous les corps d'état sur un même laps de temps dans chaque appartement.
L'apport du BIM a également été essentiel. La maquette numérique permet d'optimiser l'exploitation future du patrimoine sur le long terme. En anticipant de manière virtuelle le fonctionnement du bâtiment, on parvient à se projeter de manière très précise avec assez peu de marges d'erreur. C'est un gain indéniable pour le gestionnaire mais aussi pour le locataire qui voit in fine sa quittance maîtrisée.
Cette opération pilote, mise en œuvre avec Bouygues Bâtiment, nous a permis de tester pour la première fois l'usage de la maquette numérique sur un chantier de réhabilitation. La démarche sera progressivement déployée sur l'ensemble du groupe 1001 Vies habitat.

Quel a été le prix de revient de l'opération ?
Le coût global a été de 4,89 millions d'euros TTC, soit une dépense moyenne d'environ 50 000 euros par logement que nous avons financée grâce à un apport en fonds propres, un éco-prêt et PAM [Prêt à l'amélioration de l'habitat, NDLR] de la Banque des territoires, des subventions du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur et d'Action Logement.

Quels sont les autres projets de l'organisme ?
Nous avons signé avec Linkcity pour l'acquisition en état futur d'achèvement d'un ensemble de 150 logements au cœur des Fabriques, le vaste programme de régénération urbaine que la filiale de Bouygues réalise sur l'extension d'Euroméditerranée. L'offre sera très variée avec du locatif social (PLAI, PLUS, PLS**) et du locatif intermédiaire dont des logements en usufruit locatif social portés par « Tonus », le véhicule mis en place par la Banque des territoires. A l'instar de la démarche mise en place sur notre résidence Cocoon'Ages de Smartseille, nous prévoyons de décliner à nouveau ce concept de solidarité participative avec l'association Chers Voisins [filiale du groupe 1001 Vies habitat, NDLR] et la société Récipro-Cité. L'objectif est de créer du lien entre les habitants pour favoriser le vivre-ensemble.

Quid du futur ?
Malgré la crise, on maintient notre effort d'investissement avec un rythme de production d'environ 300 logements par an. Une cadence qui mobilise environ 4,5 millions d'euros de fonds propres chaque année. Et en 2020, nous allons injecter 1,97 million d'euros dans la réhabilitation de 384 logements, soit près de 8,5 % de notre patrimoine. Nous nous développons également sur des communes carencées comme Lançon-Provence où nous venons de réaliser deux opérations de 122 logements sociaux, à Gréasque où nous avons gagné des consultations auprès de l'Etablissement public foncier régional, ainsi qu'à Coudoux. Ou encore, Rousset où nous avons livré en février dernier un ensemble de 68 logements locatifs sociaux en production propre sur l'ancien stade à proximité du centre-bourg.
Enfin, nous sommes engagés dans la préparation du projet de renouvellement urbain de la résidence Prévert à Vitrolles. Au cœur de cette opération inscrite dans un Quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), il y a un ensemble de 111 logements construit au début des années 1980. C'est une barre avec deux ailettes reliées entre elles caractéristique de l'architecture brutaliste en vogue à l'époque. Les appartements sont assez bien conçus, mais sur le plan fonctionnel, le quartier connaît de nombreuses difficultés. Il faudra démolir… et rebâtir ailleurs, puisque nous sommes en QPV. Avec les partenaires du projet (Action Logement, Ville, Métropole, Caisse des dépôts…), nous sommes en train d'élaborer le dossier afin de signer une convention avec l'Agence nationale pour la rénovation urbaine d'ici la fin de l'année.

* Cette opération a été menée via un marché de conception-réalisation par le groupement associant Bouygues Bâtiment Sud-Est (mandataire), l'agence Vierin-Poggio Architectes, Sogec Ingénierie (bureau d'études techniques fluides-thermique) et la société SITB (économiste).

** Prêt locatif aidé d'intégration (PLAI), Prêt locatif à usage social (PLUS) et Prêt locatif social (PLS).

Lire l'interview complète de Sandrine Bordin dans le n°1244 de TPBM, paru le 24 juin. Cliquez ici pour plus d'informations sur nos offres d'abonnement, à partir de 20€/an.

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