AccueilTerritoires« Petites villes de demain » va permettre d'achever la revitalisation du centre-bourg de Guillestre

« Petites villes de demain » va permettre d'achever la revitalisation du centre-bourg de Guillestre

La visite du ministre Joël Giraud a permis de réaliser un point d'étape du vaste chantier de revitalisation du centre-bourg de Guillestre, entamé depuis 2015. Le gros volet de l'opération concerne la résorption de l'habitat insalubre. Pour y parvenir, des mesures incitatives et coercitives ont été lancées.
« Petites villes de demain » va permettre d'achever la revitalisation du centre-bourg de Guillestre
M.-F. Sarrazin - Sur une partie du premier îlot, place Albert, les maisons Grenette et Lavalette, démolies, vont laisser place à 13 logements sociaux construits par le bailleur 3F Sud.

TerritoiresHautes-Alpes Publié le ,

30 % d'immeubles dégradés voire insalubres et autant de logements inoccupés, un quart des locaux commerciaux vacants... Face à ce constat, Guillestre, ancienne cité médiévale très touristique, a décidé de réagir pour renforcer l'attractivité de son centre-bourg, la qualité de vie de ses habitants et favoriser la transition énergétique. Devenue éligible à l'appel à manifestation d'intérêt de revitalisation des centres-bourgs, lancé par l'Etat en 2015, Guillestre a pu entamer sa métamorphose. Mais ce processus lourd et long, englobant les volets urbanisme, aménagement, économie et habitat, est loin d'être terminé. Depuis novembre dernier, la commune a intégré un autre dispositif, « Petites villes de demain ». « Il va nous permettre d'achever tout ce qui a été engagé depuis 2015, un vrai projet d'avenir cohérent », indique la nouvelle maire, Christine Portevin.


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D'un point de vue logistique, la conduite de ce type d'opération, en concertation avec la population, nécessite la réalisation de nombreuses études (de programmation urbaine notamment, qui constitue une feuille de route phasée), de démarches administratives et l'intervention de multiples partenaires. Pour que ce vaste chantier soit appréhendé dans sa globalité et une gestion efficace, il est piloté par une cheffe de projet, Albane Dhaisne-Crepin.

Un plan local d'urbanisme a été adopté, une aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine mise en place et un site patrimoine remarquable élaboré. Et les travaux ont déjà commencé. La voie principale et ses places adjacentes ont été requalifiées, le plan de circulation et de stationnement redéfini, les trottoirs élargis voire créés dans un souci de sécurisation, les réseaux et les espaces publics refaits dans le centre ancien. D'un point de vue budgétaire, la rénovation du quartier de la Frairie (centre ancien), intervenue en 2018 et 2019, a coûté 758 000 € HT pour la réfection des réseaux et des espaces publics et un peu plus de 1,5 M€ HT pour la rue Petsche et places adjacentes.

Objectif : 96 logements réhabilités dont 60 dans le centre ancien

Mais le très gros volet du projet concerne l'habitat. Une opération programmée d'amélioration de l'habitat (Opah) a été lancée pour la période 2017-2023, avec le soutien de l'Agence nationale de l'habitat (Anah) et de la DDT (direction départementale des territoires). L'objectif consiste à prolonger cette Opah jusqu'en 2026 afin de pouvoir terminer les travaux. Un dispositif qui présente, selon les cas, des aspects incitatifs ou coercitifs, avec un objectif : 96 logements réhabilités, dont 60 dans le centre ancien.

Trois îlots ont été identifiés comme les plus dégradés du centre ancien. Sur une partie du premier îlot, place Albert, les maisons Grenette et Lavalette, démolies, vont laisser place à 13 logements sociaux construits par le bailleur 3F Sud. « Les dépôts du permis de construire et du permis d'aménager se feront au plus tard fin février pour une construction au printemps 2022 », indique la cheffe de projet. Les autres périmètres ne vont pas faire l'objet de démolitions mais de réhabilitations lourdes. Sur la deuxième partie de l'îlot 1, les propriétaires sont accompagnés depuis cinq ans afin de réaliser les travaux. S'ils ne les font pas, il s'agira de leur imposer. « En fonction des procédures et des arrêtés, des négociations amiables ou non peuvent être mises en place avec rachat par l'Etablissement public foncier - cela peut être via une préemption -, puis les travaux seront réalisés, par la commune ou un opérateur, pour remise sur le marché des biens réhabilités », détaille Albane Dhaisne-Crepin. Une autre procédure a été lancée en parallèle, contraignant les propriétaires à réaliser les travaux, sous peine d'expropriation. « Nous avons plusieurs dispositifs mis en place et en fonction de l'avancement, des contraintes, nous agissons avec tel ou tel levier pour aboutir au résultat de la réhabilitation avec un logement occupé », résume la cheffe de projet.

Les Guillestrins peuvent ainsi rénover leur habitat avec des subventions à la clé, plus importantes pour le centre ancien. Vingt-et-un dossiers ont déjà été traités (dont dix dans le centre ancien), générant 784 103 € de travaux TTC (510 274 € dans le centre ancien), subventionnés à hauteur de 243 854 € par l'Anah, le Département des Hautes-Alpes, la commune et la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Parallèlement, la Ville mène la neuvième et dernière tranche de l'opération « Façade toiture devanture » démarrée en 2018 : 15 dossiers ont été traités dont quatre devantures, 315 747 € de travaux de façade, 118 699 € de travaux de toiture et 39 298 € de subventions réservées.

Le volet économique n'est pas oublié. Outre des actions de dynamisation du commerce renforcées grâce à Petites villes de demain, 1,4 M€ HT ont d'ores et déjà été consacrés à la mise aux normes du centre de vacances du CIAL de 2018 à 2020. Une étude paysagère sur la zone d'activités du Villard, à l'entrée de Guillestre, a été validée par la communauté de communes du Guillestrois-Queyras, qui possède la compétence en matière économique. Il s'agit de réaliser des travaux de paysagement favorisant la circulation douce (création de trottoirs, d'abribus...) et d'œuvrer pour une meilleure visibilité de cette zone, dont une extension mesurée est prévue au plan local d'urbanisme.

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