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Interview « L'UPE 05 s'est muée en soutien indéfectible face à des chefs d'entreprise désemparés »

Hautes-Alpes le - - Economie

« L'UPE 05 s'est muée en soutien indéfectible face à des chefs d'entreprise désemparés »
M.-F. Sarrazin - Pour Michel Garcin, "le plus dur reste à venir car redémarrer un moteur grippé n'est pas une mince affaire".

L'UPE 05 a tenu sa première assemblée générale en visioconférence. Contrainte de s'adapter, d'innover, la structure entend se concentrer sur le militantisme, la défense de l'entreprise, qui prend tout son sens en cette période, comme l'explique son président Michel Garcin.

TPBM : Pendant le confinement, l'UPE 05 (Union pour l'entreprise des Hautes-Alpes) a immédiatement déployé des moyens numériques pour aider les adhérents à traverser cette crise, en faisant par exemple intervenir des experts. Comment avez-vous vécu cette période ?
Michel Garcin :
Après la fermeture brutale de nos bureaux, nous avons réfléchi à la manière de continuer à assurer le service. Les permanents, en télétravail, ont gardé une ligne continue avec les chefs d'entreprise pour les rassurer, via Messenger notamment. Nous avons essayé d'analyser les mesures gouvernementales et étudié comment elles pouvaient être appliquées. Nous en avons renvoyé certains vers le forum de la CCI, qui disposait elle de sept à huit personnes, et nous nous sommes assurés qu'ils avaient obtenu une réponse à leur question. Des problèmes ont pu être réglés, d'autres non. Les personnes travaillant dans l'événementiel par exemple restent sans solution.
Pendant cette crise, une débauche d'énergie s'est enclenchée, et l'UPE s'est muée en soutien indéfectible face à des chefs d'entreprise désemparés. Je suis en revanche plus mitigé sur l'union des acteurs économiques ; j'aurais souhaité plus de coordination, plus de liant dans nos actions. J'en tirerai les conclusions sans pour autant devenir le fossoyeur de l'union du monde économique.

Etes-vous optimiste pour la suite ?
Comme je l'ai dit en assemblée générale, plus de 22 % des entrepreneurs français envisagent de licencier. Le plus dur reste à venir car redémarrer un moteur grippé n'est pas une mince affaire. Les enjeux sont énormes. Nous devons prioritairement sauver ce qui peut l'être avant d'appréhender le monde d'après.
La saison touristique laisse à la fois beaucoup d'espoir et d'interrogations. La montagne devrait attirer du monde, cherchant à fuir les plages bondées. Mais l'organisation des hôtels et des restaurants suscite un peu d'affolement.

Cette crise sanitaire va-t-elle modifier votre manière de travailler ?
J'avais impulsé la transition écologique, en faisant venir Maud Fontenoy [navigatrice française engagée dans la préservation des océans, NDLR] à Gap l'automne dernier. Aujourd'hui, l'actualité nous l'impose. Auparavant, j'effectuais deux aller-retour par semaine entre le Queyras, où je réside, et Gap. Depuis le confinement, la visioconférence a remplacé les rencontres physiques. Ce qui est bon écologiquement et fait gagner du temps, mais demeure moins confortable. Je vais tout de même essayer de parcourir moins de kilomètres.
Le prochain bureau se réunira sans doute en visioconférence et le suivant, si nous le pouvons, peut-être de manière délocalisée, couplé à une visite d'entreprise. Cela me tient à cœur. Pour connaître les problématiques propres à chaque entreprise, il faut aller se rendre compte sur place.
Nous avions initié de nombreux événements, peut-être allons-nous en organiser moins ; on ne peut plus faire n'importe quoi, même si j'ai bien conscience qu'entretenir le réseau est primordial. Il nous faut sans doute innover.

Lors de l'assemblée générale, vous avez annoncé vouloir vous recentrer sur votre raison d'être, à savoir le militantisme. Qu'entendez-vous par là ?
J'entends défendre le cœur de l'entreprise, qu'elle soit bien représentée dans les instances. Dans beaucoup de domaines nous sommes pilotés par des administratifs, des fonctionnaires. L'élu qui représente le patronat se fait manger par ces personnes qui connaissent les dossiers par cœur. Il faut en tirer les leçons, mieux se préparer.
Ce qui me contrarie également, c'est l'image négative que l'on peut avoir des patrons sur lesquels on tire trop à boulet rouge. Ici, nous ne sommes pas dans l'état d'esprit du CAC 40. La première démarche d'un entrepreneur consiste à créer son propre emploi voire de trouver de bons collaborateurs.

Avez-vous d'autres projets ?
Notre nombre d'adhérents - 650 - est stable, mais nous constatons trop de turn-over. Il faut fidéliser, nous allons nous y employer. Je compte également proposer à notre nouvelle préfète de visiter certaines entreprises adhérentes et nouer un partenariat plus étroit avec la chambre d'agriculture car nous accueillons de plus en plus d'adhérents issus de cette filière. Ce sont des entrepreneurs à part entière, il faut les mettre en avant, comme nous le faisons lors de nos événements.

Allez-vous rencontrer les futurs présidents d'intercommunalité pour évoquer avec eux leur ligne économique ?
Tout-à-fait, et ce, dès cet automne. Il faut connaître leurs projets, leur dire ceux qui nous paraissent pertinents ou non, voir comment on les soutient.​




M.-F. Sarrazin
Journaliste

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