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Vallée de Toulourenc : 40 kilomètres de lignes électriques disparaissent du paysage

Vaucluse le 24 avril 2017 - Alain RICCI - Chantiers

Vallée de Toulourenc : 40 kilomètres de lignes électriques disparaissent du paysage
A. Ricci. - L'équipe d'Enedis qui a participé à l'opération

Le plus gros projet en Méditerranée d'Enedis se termine dans la vallée du Toulourenc après quatre ans de travaux. Dix-sept millions et demi d'euros ont été investis par le distributeur d'électricité. Objectif : enfouir 40 kilomètres de réseau HTA aérien (haute tension) pour améliorer la qualité de fourniture électrique en Sud Drôme et Nord Vaucluse. Reportage.

Dernière opération terrain pour ce méga-projet d’Enedis : l’enfouissement de 40 kilomètres de réseau. Aujourd’hui, l’hélicoptère fait des rotations pour enlever les poteaux en bois et les pylônes en béton et laisser place nette au paysage exceptionnel de la vallée du Toulourenc, au pied du Mont Ventoux. Avec les événements météorologiques de ces dernières années, les vents violents, la neige collante, le réseau électrique a souffert en Sud Drôme et Nord Vaucluse. Les réseaux HTA, issus des postes source de Trescléoux-Laragne, Sisteron, Limans, Apt et Vaison-la-Romaine, étaient longs et subissaient d’importantes chutes de tension. Le temps de coupure moyenne atteignait les 75 minutes. Il fallait donc agir. Après un diagnostic détaillé, le distributeur d’électricité a décidé de réaliser l’enfouissement de 40 kilomètres de réseau HTA aérien. Le chantier comprend une liaison HTA souterraine entre Vaison-la-Romaine et Reilhanette avec la création d’un poste source.

La solution retenue par Enedis a été la création d’un poste électrique 20 000 volts / 20 000 volts. Le poste ainsi réalisé à Reilhanette constitue une première technologique pour Enedis en Provence-Alpes du Sud. En effet, les travaux de génie électrique ont été réalisés en usine par Schneider Electric. Le poste a été entièrement pré-assemblé, pré-câblé et préréglé en usine et réassemblé sur place.

Concernant le réseau, Enedis a créé deux lignes HTA souterraines depuis le poste de Vaison-la-Romaine pour alimenter le nouveau poste électrique, six lignes HTA souterraines depuis le poste de Reilhanette pour redistribuer l’énergie électrique sur tout le secteur en réorganisant les réseaux locaux. L’entreprise a également associé le département de Vaucluse aux travaux d’enfouissement depuis Vaison-la-Romaine en réalisant en tranchées communes le déploiement du très haut débit.

Une ouverture vers les énergies renouvelables

« Afin d’accompagner les objectifs de la loi de transition énergétique (objectifs du projet de loi TEPCV* : 23 % d’énergie renouvelable dans la consommation énergétique finale en 2020 et 32 % en 2030, NDLR), Enedis relève les challenges techniques d’une production en énergies renouvelables intermittente et peu prévisible », explique le distributeur d’électricité. Ainsi, « 95 % des sites de production en énergies renouvelables sont raccordés au réseau de distribution, soit plus de 400 000 sites de production. L’injection et le soutirage d’électricité en de multiples points, dans les deux sens, directement sur le réseau de distribution, ont pour effet de perturber le niveau de tension, avec les risques que cela induit pour les équipements électriques des clients. Face à ces nouvelles contraintes et pour maintenir la meilleure qualité de fourniture possible, Enedis expérimente donc des solutions capables de gérer de manière plus dynamique le réseau de distribution d’électricité. »

En Vaucluse, il existe 5 100 producteurs d’énergie renouvelable qui injectent de l’électricité sur le réseau, notamment le parc photovoltaïque du plateau de Sault. En face, 330 000 clients consomment de l’électricité. « Nous avons dû penser et moderniser notre réseau autour de l’intégration de ces énergies renouvelables. C’est l’une des raisons qui nous ont poussés à la réalisation de ce chantier d’envergure », souligne Patrice Perrot, directeur territorial Enedis Vaucluse.

Un paysage préservé

Les opérations de dépose ont permis d’extraire du paysage de la vallée du Toulourenc : 14 postes aériens H61, 63 supports bois, 30 supports métalliques et 219 supports béton. « On traversait le village de Brantes, qui est dans la zone Natura 2000 "l’Ouvèze et le Toulourenc", le village d’Entrechaux, qui possède des vestiges de châteaux… », précise Thierry Pascal, adjoint d’agence d’intervention à Avignon.

Pour préserver ce patrimoine naturel et historique, il a donc fallu enfouir 40 kilomètres de réseau HTA aérien. « Ils ont été placés à 90 centimètres sous terre sur le domaine départemental », conclut Thierry Pascal.

* Territoires à énergie positive pour la croissance verte.



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