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Tourisme, industrie, agriculture : les chantiers de l'Agence de développement

Hautes-Alpes le 05 octobre 2017 - Marie-France SARRAZIN - Syndicats mixtes

Tourisme, industrie, agriculture : les chantiers de l'Agence de développement
M.-F. Sarrazin - L'aérodrome de Gap-Tallard abrite plusieurs entreprises aéronautiques, leaders internationaux sur leur « niche ».

Les Ateliers des départements de France se sont tenus le 27 septembre à Gap, en présence de l'ancien ministre et actuel président de l'Assemblée des départements de France, Dominique Bussereau. Ils auront permis de mettre en lumière les champs de compétence de l'Agence de développement des Hautes-Alpes (Addet), créée il y a trois ans. Ce groupement d'intérêt public, dont la gouvernance associe acteurs publics et privés, a un domaine d'intervention couvrant toutes les filières économiques, touristiques et agricoles.

« Faire du développement économique n'est pas l'affaire d'un seul acteur », martèlera à plusieurs reprises Patrick Ricou, président de l'Agence de développement des Hautes-Alpes (Addet), au cours de la table ronde intitulée « Comment l'Agence de développement des Hautes-Alpes favorise-t-elle l'attractivité et l'aménagement de son territoire ? ». « On commence tout juste à se rendre compte de l'intérêt de travailler ensemble », corrobore Eric Gorde, président de la CCI des Hautes-Alpes.

Les Ateliers des départements de France, qui se sont tenus à Gap le 27 septembre, auront permis de faire le bilan des trois ans d'existence de l'agence de développement sur ses trois domaines de prédilection.

Les deux gros chantiers des stations

A commencer par le tourisme, qui représente 33 % de la richesse locale, comme aime à le rappeler Yvan Chaix, directeur de l'Addet. « Demain, nous seront confrontés à d'énormes défis face auxquels l'action doit être concertée, évoque Jean-Yves Rémy, PDG de Labellemontagne. En premier lieu, l'évolution climatique. Notre travail s'axe sur la diversification des stations et sur la sécurisation du produit ski. En second lieu, le réchauffement des lits froids. Aujourd'hui, les collectivités sont à la peine. Comment remettre ces lits sur le marché ? Ces deux chantiers conditionnent l'avenir de nos stations. »

Un plan d'actions départemental pour attirer les industries

Marc Ventre, président du conseil d'administration d'Ariane Group mais aussi élu dans les Hautes-Alpes, s'est chargé d'énumérer les défis du volet industriel, lui qui s'est vu confier une mission sur l'attractivité du territoire par le préfet des Hautes-Alpes Philippe Court. « L'industrie représente seulement 6 % des entreprises dans les Hautes-Alpes, contre 13 % sur le plan national et 21 % en Allemagne. Il faut revitaliser le secteur ici. Je pense à l'industrie de taille humaine et respectueuse de l'environnement. »

Selon l'ex-directeur général délégué du groupe aéronautique Safran, le moment ne pourrait être plus opportun grâce à un « bon alignement des planètes ».

« L'esprit qui prévaut au sein des représentants du département est de faire progresser les Hautes-Alpes au-delà des querelles de chapelles. Ce fait est relativement récent. Ensuite, l'arrivée de la fibre optique et du haut débit ici est aussi importante que l'implantation du chemin de fer au XIXe siècle. Elle va permettre d'attirer des entreprises d'ingénierie, de santé, de e-surveillance et de fabrication 3D. »

Pour arriver à séduire des industries, Marc Ventre a préconisé cinq pistes d'actions dont la cheville ouvrière sera l'Addet. La première : faire connaître les Hautes-Alpes à travers l'organisation d'événements sportifs, culturels et la visite de personnalités. La deuxième : mettre en lumière les entreprises et les entrepreneurs haut-alpins pour montrer que le département n'est pas un désert industriel et ainsi inciter d'autres sociétés à s'installer. « Qui sait par, exemple, que nous sommes la capitale du ressort ou que les roues et freins de l'avion Solar Impulse ont été fabriqués à Tallard ? »

La troisième : pousser les entrepreneurs haut-alpins à s'intégrer au sein de grands réseaux régionaux et nationaux pour ne pas « récupérer que les miettes ». La quatrième : montrer la compétitivité du département en termes de mobilier et d'immobilier, et décrire le cadre géographique, sanitaire, culturel et éducatif pour attirer les familles. Enfin, capter les entreprises qui ne peuvent s'implanter dans les métropoles à cause du prix ou du manque de place et récupérer les ateliers qui se relocalisent en France.

Redonner compétitivité à l'arboriculture et renouveler les vergers vieillissants

Nicolas Richier, arboriculteur et président du Groupement des producteurs de fruits haut-alpins, était chargé de dresser l'état des lieux du secteur agricole. Les Hautes-Alpes comptent 2 000 exploitations et l'agriculture représente 8 % de la population active. L'arboriculture est le plus gros secteur agricole avec 240 exploitations et 3 500 hectares de vergers. Dix pour cent de la production française de pommes et de poires viennent des Hautes-Alpes, dotées de trois gros atouts : des vergers de qualité en altitude, des jeunes qui reprennent les exploitations, la détention du seul label rouge de France pour la pomme et d'une IGP (Indication géographique protégée). « Malgré cela, nous rencontrons deux gros problèmes. Depuis trois ans, nous passons des années difficiles à cause de la fermeture des marchés russe et algérien. S'ajoute à cela cette année le gel, soit une perte de 50 millions d'euros. » Aujourd'hui, le secteur, avec le concours de l'Addet, s'attelle à devenir compétitif et à rénover le verger vieillissant.

Cette table ronde aura permis de lister les nombreux défis que l'Agence de développement doit relever dans les prochains mois, dans un département « qui a beaucoup d'atouts mais trop de modestie », selon le préfet Philippe Court.





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