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Toulon : la Rue des Arts inaugurée

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Toulon : la Rue des Arts inaugurée
O. Réal - L'inauguration de la Rue des Arts à Toulon est prévue pour les 12, 13 et 14 mai 2017.

Les 12, 13 et 14 mai le secteur Equerre/Semard, en centre-ville de Toulon sera inauguré. Retour sur un vaste programme de requalification urbaine, entrepris depuis 15 ans, qui a donné naissance à la Rue des Arts.

Il était une fois dans l’ouest du centre ancien de Toulon un renouveau pensé dans les règles de… l’art. S’appuyant sur un vaste programme de (re)qualification foncière entrepris depuis 15 ans et mené par la SAEM* Var aménagement développement (VAD) dans le cadre de la concession de centre-ville, le projet du Rue des Arts prend forme urbaine. Une réalisation en cours de finalisation, à la hauteur de son intention, dont les éléments constitutifs seront inaugurés le 12 mai par Hubert Falco, sénateur-maire de Toulon, président de la communauté d’agglomération Toulon Provence Méditerranée, Hélène Audibert, adjointe à la rénovation urbaine et présidente de VAD, et par les partenaires de la SCI** Equerre Semard développement. A savoir Richard Curnier, directeur Paca de la Caisse de dépôts et consignations, Jérôme Chabert, directeur général de VAD, Jacques Mikaélian, patron du groupe privé Carim et gérant de la SCI.

Pour la petite histoire, ce dernier projetait au départ d’ouvrir une galerie d’art contemporain dans la rue Semard qui devait être rénovée et s’est retrouvé à l’arrivée acteur majeur d’un vaste projet, croisant sa passion pour l’art avec ses compétences éprouvées en aménagement. La ville et VAD souhaitant déployer une thématique ciblée dans le secteur, il a répondu avec succès en 2014 par un grand dessein dédié à l’art et l’art de vivre. Un projet de vie pour cette artère moribonde, autrefois rue du Canon, qui trainait trop de boulets ; un projet de ville dans un périmètre au fort potentiel, à proximité de la place d’Armes et du port.

Le projet a été étendu à la place de l'Equerre. (Photo O. Real)

Pour élargir le champ des possibles et sa masse commerciale critique, ledit périmètre a été étendu à la place de l’Equerre entièrement réhabilitée par la ville afin d’accueillir des enseignes de restaurants et bars. Le Petit Chicago (dédié au jazz), le Twiggy Café, le Street Bar, entre autres, ayant déjà donné le ton d’une renaissance en marche. « La grande intelligence de VAD et de la ville a été d’accepter cet élargissement qui a évité une coupure urbaine, tout en créant une attractivité cohérente avec le projet de Rue des Arts, souligne Jacques Mikaélian. L’implication est globale à l’échelle du quartier, d’autant que le concept provoque une appropriation collective certainement porteuse de pérennité. »

Créativité en fil rouge

La SCI, foncière commerciale, a acquis les immeubles dans la zone concernée, constituant 25 lots (essentiellement en rez-de-chaussée) mis à disposition pour des activités culturelles et artisanales d’art de vivre via des baux locatifs, dont les tarifs sont pondérés en contrepartie de l’aménagement intérieur des locaux par les occupants. Une autre bonne idée qui responsabilise tout le monde, crée de la solidarité dans la réussite globale, entre les nouveaux acteurs du quartier et avec le projet. « Que ce soit artistique ou artisanal, la créativité s’inscrit en fil rouge », poursuit Jacques Mikaélian, qui se « réjouit de cette belle unanimité dans l’envie ».
Une envie qu’il exprime dans sa propre Galerie du Canon (voir par ailleurs), et à travers le programme d’animations unissant là aussi apports publics et privés, y compris dans la charte d’engagement de chacun. Ainsi, aux 3,8 millions d’euros investis par la SCI, sous amortissement de long terme afin de pondérer les loyers des locaux, la ville a ajouté 1,66 million d’euros d’aménagements sur les espaces publics (rues pavées, places), hors éclairage artistique et numérique (250 000 euros) tout au long de la rue. Lequel se caractérise par des projections au sol de ronds colorés, par une exposition extérieure permanente rétro-éclairée sur les murs, et par d’immenses images de la ville sur les façades de la place de l’Equerre. Original et attractif.

Partenariat public-privé

Un partenariat public-privé en amont, pendant et en after, dont l’état de grand avancement sera dévoilé le week-end des 12, 13 et 14 mai, à la faveur d’une inauguration qui mettra en valeur la rue Semard et la place de l’Equerre, mais aussi ses « périphériques » en centre ancien, les places Puget, de l’Opéra, des Savonnières et du Globe, là où le renouveau culturel a pris sa source. « Cette reconquête du centre ancien est un axe majeur de la politique de la ville voulue par Hubert Falco », explique son adjointe Hélène Audibert, en première ligne sur le sujet, « depuis la rénovation urbaine lancée en 2006 avec l’Anru*** jusqu’au dispositif quartiers prioritaires, en passant par la zone franche. Nous reconstruisons la ville sur la ville dans une large concertation avec le privé, le public, les services de l’Etat… Le projet Equerre/Semard est une démonstration exemplaire de ce renouveau, offrant par la culture et les arts une valeur ajoutée dans une zone précédemment paupérisée. Son caractère novateur à plus d’un titre est de nature à générer un rayonnement qui rejaillira sur Toulon et son agglomération », précise l’élue toulonnaise, également présidente de la commission culture au conseil départemental.

Exigence esthétique

Dès à présent, la rue Semard (re)fleure bon l’art de vivre recherché, puisque tous les lots ont déjà trouvé locataires et quasiment tous ont déjà ouvert. A tel point que des commerces de la rue et des alentours sont regardés et investis par de nouvelles enseignes, y compris hors périmètre du projet. Comme sur la place de l’Equerre, la rue Semard a eu ses précurseurs qui ont fait le pari de l’audace, en tête desquels Jean-François Ruiz et sa Galerie Lisa, créateur du Smac festival, Super marché de l’art contemporain, dont la prochaine édition aura lieu du 26 au 28 mai sur la place d’Armes voisine.

Le faire savoir étant le pendant indispensable de la montée en puissance collective et individuelle de cette aventure, la SCI a missionné Le Port des créateurs afin d’animer, coordonner les événementiels, gérer les réseaux sociaux, la visibilité digitale… Ce lieu ressource, implanté place des Savonnières suite à un appel à projets lancé par la ville, a fait l’objet également d’un élargissement de l’intention initiale de maison des associations, ciblant conjointement les étudiants en art et numérique de la ville. Cet espace de soutien à la créativité dispose d’une large palette de services, de salles de travail, d’accompagnement complet de projets (voir par ailleurs), selon le modèle d’ingénierie économique appliqué sur le territoire depuis 29 ans par TVT Innovation (Toulon Var Technologies). Son directeur, Patrick Valverde, est d’ailleurs le président du Port des créateurs. Il n’y a pas de hasard… Il n’y a pas non plus « de développement économique sans développement culturel », a-t-il toujours prôné.

Ici, l’art et l’art de vivre vont se voir, mais aussi s’entendre car un des immeubles de la rue accueillera l’espace de répétition des chœurs de l’Opéra de Toulon… « Il y a une vraie exigence esthétique », précise Julie Liger, consultante dédiée à la direction artistique globale et aux choix culturels. « Tout ce qui est mis en œuvre doit servir à tous les acteurs de la rue, ce qui n’est pas évident compte tenu des profils différents et des besoins d’une galerie d’art qui sont potentiellement très éloignés de ceux d’une chocolaterie. Nous devons plaire aussi au grand public comme aux amateurs d’art contemporain. Les lectures ne sont pas les mêmes, les exigences non plus. Il nous faut pourtant être à la hauteur des attentes de chacun et généreux vis-à-vis du public. »

En partant d’une page blanche, ce qui est peut-être une chance, il s’agit de créer une motivation, une dynamique de groupe, dont la réussite qui se dessine se caractérise notamment par la transformation de concurrents en confrères. Tout un… art.

* Société anonyme d’économie mixte.
** Société civile immobilière.
*** Agence nationale pour la rénovation urbaine.




Olivier REAL
Journaliste

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