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Smartseille : l'écoquartier s'élève au nord

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Smartseille : l'écoquartier s'élève au nord
J.P Pierrat - A l'assaut du ciel, une tour de logements au dessin atypique qui favorise les prolongements et espaces extérieurs.

Après trois ans de travaux, l'écoquartier Smartseille est à moitié sorti de terre aux Crottes, sur le périmètre d'Euromed'. Visite guidée.

Après l'hôtel de 90 chambres B&B ouvert l'été dernier, puis les 10 000 m2 de bureaux accueillant services et agents de la ville de Marseille depuis l'automne dernier, c'est au tour d'un 2e immeuble de bureaux et d'une tour de logements d'être largement sortis de terre à l'ouest de la cité phocéenne sur l'emprise de l'ex-îlot Allar rebaptisé Smartseille, dans le quartier des Crottes.

Dans un décor post-industriel, l'ancienne friche de 2,7 ha coincée entre passerelle autoroutière, entrelacs ferroviaire (de la gare d'Arenc) et barres en béton des quartiers nord, accueille peu à peu ce qui deviendra à terme le 112e village et premier « écoquartier » en bonne et due forme de la deuxième ville de France. Principalement portée par Eiffage Immobilier Méditerranée, avec Eiffage Construction Provence pour entreprise générale, l'opération de 58 000 m2 de bâti qui mêle 400 logements et 20 000 m2 de bureaux, équipements et commerces, a été également labellisée « démonstrateur industriel de la ville durable ».

Le gros œuvre largement terminé et à moitié, schématiquement, avec trois immeubles sur six, de la totalité de la réalisation du programme, la densité désormais visible de ce dernier offre déjà un large aperçu du futur quartier. Mais pour le moment et alors que le béton règne encore en maître de la construction, il n'est pas forcément évident d'imaginer le quotidien à terme de ce projet qui se veut innovant, exemplaire, méditerranéen et durable. Pour apprécier les économies d'énergie effectuées grâce à la boucle dite à eau de mer qui l'alimentera, l'usage des parkings mutualisés, les plantations et l'écran de verdure* promis, ou encore les services et la domotique proposés par l'e-conciergerie à venir et ces immeubles entièrement connectés, il va falloir encore patienter.

Une architecture dense et variée

En attendant, au-delà de sa compacité qui frappe tout d'abord, l'ensemble se distingue par son architecture. De grands noms du métier, et non des moindres, sont à l'ouvrage. Le premier bâtiment en date, l'hôtel accouplé aux bureaux, est en effet signé du « starchitecte » portugais Eduardo Souto de Moura, prix Pritzker associé en la circonstance au « local » aixois Jacques Sbriglio. Cet édifice de huit étages et 13 000 m2 à l'aspect radical, tout en lignes, béton et brise-soleil (1608 au total), ne manque pas de susciter des commentaires. Si ses auteurs soulignent sa simplicité biblique, sa presque mono-matière et son coût (17 M€), ses pires détracteurs dénoncent, quant à eux, son caractère « carcéral ».

A cette rigueur orthogonale répond, à l'autre extrémité de l'écoquartier, le dessin au contraire tout en ondulations et en liserés du futur siège d'Eiffage, conçu par le cabinet Vezzoni & associés de Corinne Vezzoni, qui, posé sur pilotis, vient achever la composition de l'îlot. Et entre les deux se dresse, tel un totem déconstructiviste, une spectaculaire tour de logements que l'on doit à Célina Pigeat, jeune architecte marseillaise de l'Atelier 82.

Malgré le contexte au départ peu encourageant (le terrain, déjà surplombé par la passerelle autoroutière, a dû être notamment dépollué), le pari semble en passe d'être relevé. La boucle de thalassothermie est dorénavant quasiment en place et Smartseille devrait en bénéficier dès le printemps prochain. Par ailleurs, les travaux de fondation du prochain immeuble** de bureaux, logements et commerces, ont commencé au pied des autres et le lancement du chantier pour la construction d'une avant-dernière pièce***, agrégeant une résidence pour personnes âgées, une crèche et encore d'autres logements, bureaux et commerces, ne devrait plus tarder. Quant à la commercialisation de la tour de logements atypique, le promoteur, Eiffage Immobilier Méditerranée, s'en réjouit. La partie basse a été cédée en Vefa (Vente en l'état futur d'achèvement) à Erilia pour 49 logements sociaux et les 60 appartements en accession libre de la partie haute sont majoritairement d'ores et déjà vendus.

* Aménagement paysager conçu par Jean Mus.
** Mathoulin-Jardin Architectes associés.
*** Jean-Michel Battesti Architectes & associés.




Jean Philippe PIERRAT
Journaliste

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