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[Rendez-vous] Pas transParente l'architecture de Marie…

Var le 13 juillet 2017 - Jean Philippe PIERRAT - Architecture

[Rendez-vous] Pas transParente l'architecture de Marie…
J. P. Pierrat - Retour à La Seyne pour l'architecte Marie Parente.

Malgré sa discrétion, l'architecte varoise Marie Parente sait se faire remarquer par ses réalisations plus subtiles qu'il n'y paraît. Par exemple pour son retour à la source collégiale, à La Seyne-sur-Mer…

Issue d’une famille d’architectes (père et frère), Marie Parente a naturellement suivi la voie tracée. Après plus de vingt ans d’exercice du métier, celle qui a débuté aux côtés de son architecte réputé de père, en parle d’autant plus facilement qu’elle s’est fait depuis longtemps un prénom.

A la tête de son agence à taille humaine joliment installée par ses soins à l’entrée du village perché de La Cadière, dans le Var, face aux vignes et au paysage, cette architecte a emmagasiné dans son ordinateur plus de 230 dossiers de projets. L’un des derniers en date concerne un PPP (partenariat public-privé) plutôt inédit conclu entre le conseil départemental du Var et un groupement dirigé par Eiffage pour la construction et la reconstruction de trois collèges dont l’un lui a été confié… à La Seyne-sur-Mer ! Un sacré clin d’œil puisque c’est dans cette même commune qu’elle a, en quelque sorte, commencé sa carrière avec la réalisation d’un autre collège de la ville, celui de la cité Berthe, cosigné celui-ci alors, en 2000, avec Jean Parente. 

En revanche, la reconfiguration en très grande profondeur du collège Jean-L’Herminier, en cours dans le quartier résidentiel et plutôt chic de Tamaris, au sortir de la rade de Toulon, ne devra qu’à elle seule et ses deux ou trois collaborateurs attitrés.

Halte au gaspi

« Construit dans les années 70, ce collège avait besoin d’être remis à niveau et surtout, il ne fonctionnait pas très bien, étant très mal organisé et créant en particulier des espaces anxiogènes, des problèmes de surveillance et aussi de parking, raconte l’architecte. En revanche, les plots en béton préfabriqué des bâtiments qui le constituaient ont plutôt bien vieilli avec en particulier de remarquables plafonds à caisson. L’idée a été ainsi de garder le maximum de ce qui existait. Il y en a marre du gaspillage, pour des raisons économiques et environnementales ! Nous en avons donc conservé trois et rallongé un autre, en neuf, pour y loger le bâtiment d’enseignement. Ce qui est ancien reste en béton et le neuf sera en vêture bois. » 

Le reste des espaces et des différentes fonctions de l’établissement prend ainsi place autour, dans le dispositif, de façon plus logique et différenciée. Les logements de fonction (cinq appartements de 90 m2) par exemple adoptent l’aspect de maisons duplex en bande à ossature bois, disposées un peu à l’écart, en limite est d’une cour-parking et à terme, disposeront de jardins plantés d’arbres fruitiers. De même, l’entrée principale, à leur endroit auparavant et où il était impossible de stationner, a été déplacée à l’ouest plus en liaison avec la rue d’accès et un véritable parking paysager d’une centaine de places sera également aménagé de ce côté. « L’ensemble aura une vraie façade principale, qu’il n’avait pas, avec un portique qui se retourne », détaille encore Marie Parente.

A l’intérieur, les élèves disposeront de grands préaux sous les colonnes des anciens blocs ou encore d’un patio planté nouvellement créé. Le réfectoire et les cuisines ont été de même réorganisés au nord de manière beaucoup plus fonctionnelle (avec cour et accès de service). Tout a été redistribué. Les circulations seront plus aisées.

Façon cabane de mytiliculteur

Enfin, la salle polyvalente (également ouverte au public), une grande boîte en résille bois, les vestiaires, l’atelier ainsi que le CDI (Centre de documentation et d’information) ont été regroupés au sud. L’aspect de ce dernier, sur pilotis, de forme courbe et au mur gabion, souhaite rappeler les cabanons typiques des mytiliculteurs du coin et la proximité de la mer. On trouvera aussi dans ce sens dans l’établissement tout un bastingage d’escaliers et de passerelles métalliques. De la sorte, chaque entité sera facilement identifiable. 

Surtout, que les parents des futurs usagers et collégiens eux-mêmes se rassurent, ce n’est pas parce que, dans un souci écologique, Marie Parente défend la réutilisation de tout ce qui peut l’être, que les travaux qui se poursuivent actuellement ne ressemblent pas à un chantier en bonne et due forme. Celui-ci reste pour le moment un immense terrain de construction où s’entremêlent d’anciennes structures en béton désossées et mises à nu (3.000 m2) et de nouveaux ajouts contemporains (3.000 m2) en bois, béton et métal, poussant de toutes parts. A la rentrée prévue en 2018, entièrement transformé, l’ancien collège à bout de souffle qui pourra accueillir dorénavant 800 élèves, sera totalement méconnaissable. En mieux cela va sans dire. 

Retrouvez l'intégralité de ce portrait d'architecte dans le numéro 1190 de TPBM (parution le 12/07/2017). 



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