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[Portrait d'archi] CCD longue durée

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[Portrait d'archi] CCD longue durée
J. P. Pierrat - De g. à dr. : Xavier Chabrol, Régis Daniel et Gérard Cerrito.

Associés depuis toujours, les trois architectes fondateurs de CCD Architecture, Gérard Cerrito, Xavier Chabrol et Régis Daniel, poursuivent leur carrière au long cours, essentiellement dans la commande publique.

« Notre association perdure, des structures comme les nôtres qui ont résisté, il n'y en a plus beaucoup », constatent en chœur les trois architectes fondateurs, il y a trente-cinq ans, de l'agence marseillaise CCD Architecture. Et comme beaucoup de leur génération, le trio s'adonne encore et s'est consacré de longue date, à la commande publique. « On a toujours fait des concours, résument-ils, en moyenne quatre ou cinq par an actuellement. On s'est formés à cela. Nous avions la culture pour, celle du projet notamment mais aussi celle du dessin, acquises en particulier à l'école de l'atelier Perrachon lorsque nous étions étudiants », expliquent les architectes, tous trois diplômés de l'école d'architecture de Marseille où il se sont connus et ont appris aussi à travailler ensemble. « Nous avons toujours fonctionné en trio. La conception de nos projets est toujours œuvre commune et, à nos débuts, sourit l'un d'eux en racontant l'anecdote, on faisait même le suivi de chantier à trois ! Maintenant, on se répartit davantage la tâche. »

« Nous avons eu la chance, dès le début, rappelle pour sa part Gérard Cerrito, de gagner beaucoup de ces concours et rapidement. Ça nous a lancés [le trio a même émargé alors parmi la sélection, courue dans l'Hexagone, des architectes de moins de 40 ans, NDLR]. »

Ce qui les a tout naturellement conduits, explique-t-il encore, dans cette voie des équipements publics dont ils n'ont guère dévié depuis et qui constitue la majeure partie de leur activité. Ceci dit, les temps changent et CCD Architecture n'y échappe pas. La demande publique diminuant, les trois associés se sont adaptés pour maintenir la vitesse de croisière, stable, de leur agence à taille humaine qui emploie une dizaine de personnes.

Spécialisés à l'insu de leur plein gré

« Nous œuvrons également pour des maîtres d'ouvrage privés, le plus souvent liés au milieu scientifique et de la recherche ou de l'enseignement supérieur, des secteurs qui font souvent appel à nous et dont nous sommes devenus en quelque sorte des spécialistes », souligne de son côté Xavier Chabrol. A côté de bâtiments tertiaires de ce type, à leur actif également des ouvrages plus techniques ou industriels comme de grands ateliers pour une régie tram ou l'opérateur d'un port à conteneurs. « Des bâtiments complexes qui doivent répondre à des processus précis et à une diversité de fonctions », commente-t-il. La loi de la spécialisation en quelque sorte.

« Ça a d'ailleurs empiré, note à ce propos Régis Daniel, puisqu'au niveau des références, on demande désormais d'avoir réalisé un même genre de bâtiment dans les trois ans auparavant. Résultat, les architectes se retrouvent de nos jours de plus en plus emprisonnés dans des cases et sous des étiquettes de plus en plus étroites. Ainsi, il n'y a plus en France que quatre ou cinq agences ultra-spécialisées qui font des hôpitaux par exemple. » C'est à leurs yeux appauvrissant pour l'architecture en général, acquiescent-ils tous trois en partisans au contraire d'une architecture « juste, à l'écriture moderne » et sans chichis, à l'instar de cet amphithéâtre dont ils achèvent actuellement la construction sur le technopôle de Château-Gombert, à Marseille.

Le futur amphithéâtre de Chateau-Gombert. (D.R.)

Un « less is more » très volontairement et régulièrement décliné qui ne leur a cependant pas encore permis de disposer « d'un bâtiment d'affichage », comme ils disent. D'une réalisation en tous cas suffisamment emblématique comme un musée pour être plus publiquement reconnus. Qu'importe, eux se complaisent dans leur discrétion, avouant volontiers ne pas être de très bons communicants contrairement à certains de leurs confrères et consœurs.

* Le moins est le mieux.

Le projet de l'amphithéâtre de Chateau-Gombert à Marseille est à découvrir dans le numéro 1208 de TPBM (parution le 15/11/2017).



Jean Philippe PIERRAT
Journaliste

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