Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations locales, économiques et judiciaires en PACA

Me Lecoyer : « Le web, c'est la possibilité de s'ouvrir à d'autres marchés »

le - - Professions

Me Lecoyer : « Le web, c'est la possibilité de s'ouvrir à d'autres marchés »
M.-F. Sarrazin - Philippe Lecoyer compte placer ses deux années de mandat sous le signe de la communication.

A 56 ans, Me Philippe Lecoyer, figure emblématique du cabinet BGLM et du barreau des Hautes-Alpes, prend la tête de l'ordre des avocats une seconde fois. Ces deux ans de mandat s'annoncent très actifs, à son image. Il souhaite à la fois inciter ses confrères à réfléchir à l'avenir, aux nouvelles manières de travailler, et mieux communiquer sur les nouveaux services que proposent les avocats, à l'heure du 2.0.

TPBM : Pourquoi avez-vous décidé de vous représenter au bâtonnat et comment concevez-vous votre rôle ?
Philippe Lecoyer : Je suis à quelques années de la fin de mon activité. Je pensais qu'il serait intéressant d'avoir à nouveau une ouverture sur autre chose que le quotidien d'avocat. En tant que bâtonnier, on a un regard un peu plus large sur ce qu'est la profession. Comme, aujourd'hui, mon organisation me permet d'avoir un peu plus de temps disponible, je pensais que je pouvais le consacrer à mes confrères qui m'ont fait l'honneur de bien vouloir me réélire.

Le rôle du bâtonnier a plusieurs facettes. L'une d'elles consiste à donner de l'impulsion à ses confrères. Le métier évolue considérablement. Alors qu'elle était une profession traditionnelle judiciaire et de conseil au XXe siècle, elle est devenue diverse, à la fois dans son activité et la façon de l'exercer. Cette évolution est presque une révolution. Il y a des moyens à mettre en œuvre. C'est ce que je souhaite faire dans les deux ans qui viennent.

Une révolution de quel ordre ?
La justice a peu de moyens et on s'oriente de plus en plus vers une déjudiciarisation. Tout va être fait pour qu'il y ait de moins en moins de conflits soumis au juge. Dans cette logique, il existe des règlements alternatifs des conflits ; la médiation en fait partie. C'est pourquoi un centre de négociation et de médiation a vu le jour dans les Hautes-Alpes à l'initiative du barreau [lire TPBM n° 1216, ndlr]. C'est un des nouveaux pans de la profession.

Se pose également la question du web. Aujourd'hui, un grand nombre de personnes vont sur internet pour obtenir une réponse juridique. C'est un marché qui, dans un premier temps, échappait aux avocats, et où les réponses étaient données par des gens qui étaient souvent tout sauf des juristes. Ce qui présente un risque sérieux quant à la sécurité de la réponse. Là encore, cela nous amène à repositionner en termes de moyens le rapport avec le justiciable. A mon avis, le schéma « avocat et client face à face dans un bureau » a vocation, à terme, à disparaître.

Il y a nécessité de réfléchir à l'avenir de notre profession. Quand j'ai été bâtonnier élu il y a six mois, avec l'accord de mon prédécesseur Me Garcia, nous avons mis en place la commission prospective, qui vise à engager une réflexion marketing. Dans le cadre de cette logique de marché, qui est un vrai bouleversement pour nous, il faut que nous adaptions nos prestations aux besoins. Il faut s'orienter également vers des marchés novateurs. A défaut de quoi, il y aura une réduction d'activité dans 10, 15 ou 20 ans.

Où en sont les travaux de cette commission prospective ?
Dans cette commission siègent 10 avocats sur les 55 que compte le barreau des Hautes-Alpes. Nous allons commencer par dresser un état des lieux : quels sont les autres sites web, quelles sont leurs cibles, quelles sont leurs démarches marketing ? Une fois que cela sera fait, nous essayerons de tester nos capacités au travers du site du barreau et de le faire évoluer. L'idée, c'est de le tester collectivement mais que cela suscite peut-être des vocations chez certains, en développant de nouvelles activités professionnelles via ce système.

Alors que nous sommes enfermés sur un tout petit marché, le web, c'est la possibilité de s'ouvrir à un marché national voire international. Des confrères lyonnais spécialisés en droit des sociétés se sont lancés là-dedans. En l'espace de trois ans, ils ont vu 70% de leur activité basculer sur le web. Et sur ces 70%, plus de 50% de leur clientèle est basée à Paris ! Cette nouvelle donne balaye à la fois les frontières et le raisonnement classique de notre profession qui consistait à dire qu'on était rattaché à un TGI, à une cour.

Le site internet de l'ordre des avocats est en cours de refonte. Allez-vous y proposer de nouveaux services ?
Nous souhaitons donner une plus grande visibilité aux prestations proposées par notre barreau et plus globalement par la profession. Elles se déclineront sous la forme de pétales de fleur sur lesquels il suffira de cliquer pour obtenir plus d'informations. Trois nouvelles prestations vont faire leur apparition.

Même si des consultations gratuites continueront d'être proposées au Point d'accès au droit, il sera désormais possible de poser une question à un avocat par le biais de notre site internet à partir du mois de février. Ce service sera soit gratuit, soit payant, selon le délai souhaité par le client. Une question urgente trouvera réponse dans les 48 h par une consultation téléphonique en contrepartie de 60€. Les consultations gratuites seront données en cabinet dans un délai moins rapide. Le principe est très simple : la personne saisira son nom, ses coordonnées, posera sa question et pourra joindre un fichier. De son côté, l'avocat sera informé et se mettra en rapport avec la personne.

Quelles sont les deux autres nouveautés ?
Il y a quelques années, à l'initiative du bâtonnier Karine Ghigonetto, une permanence téléphonique gratuite ouverte 7 jours sur 7, de 8h à 20h, avait été mise en place pour les victimes d'infractions pénales. Jusqu'alors, l'interlocuteur était l'association Médiavic. Il nous a semblé utile, en parallèle, de permettre aux victimes d'avoir accès à un avocat. Mais les services de police et de gendarmerie n'en avaient pas connaissance. Désormais, une information sera donnée aux victimes au sein des commissariats et gendarmeries, de même que sur notre site internet.

Troisième volet innovant mis en place dans le courant de l'année : les avocats vont pouvoir vendre les biens immobiliers de leurs clients, dans le cadre par exemple de divorces ou de successions. Jusqu'à présent, cela relevait des agents immobiliers et des notaires. Ces annonces seront diffusées sur le site internet et sur l'écran que nous allons installer dans la vitrine de la Maison de l'avocat.

Ces deux années seront placées sous le signe de la communication. Les avocats ne voulaient pas et ne savaient pas communiquer car notre déontologie ne nous le permettait pas. Désormais, les règles sont plus ouvertes.

Le site internet de l'ordre : www.avocats-hautes-alpes.fr
Le numéro d'urgence (non surtaxé) pour les victimes d'infractions pénales : 06 85 45 12 26.



Marie-France SARRAZIN
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

TPBM Semaine Provence Journal d'annonces légales et d'informations locales, économiques et judiciaires en PACA

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide