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Marseille relance un appel à projet pour la reconversion du fort d'Entrecasteaux

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Marseille relance un appel à projet pour la reconversion du fort d'Entrecasteaux
D.R. - L'ambition est de emettre en scène et ouvrir sur la ville cette citadelle classée monument historique.

La ville de Marseille vient de relancer un appel à projet pour imaginer la reconversion de la partie haute du fort d'Entrecasteaux, une des deux vigies militaires qui veillent sur l'entrée du vieux-port. L'ambition : remettre en scène et ouvrir sur la ville cette citadelle classée monument historique.

Jamais deux sans trois. Cinq ans après une première consultation, la ville de Marseille vient de lancer un nouvel « appel à projet » pour l’aménagement du fort d’Entrecasteaux (51.260 m2), ancienne vigie militaire du XVIIe siècle qui veille sur la rive sud du Vieux-Port, juste en face du fort Saint-Jean, son grand frère posté à l’orée du périmètre d’Euroméditerranée. Cette friche classée monument historique a été rachetée par la municipalité en 2010 au ministère de la Défense (coût : 10 M€). Elle fait partie d’un ensemble posé sur un éperon rocheux au dessus du Lacydon plus connu sous le nom de fort Saint-Nicolas qui regroupe deux fortins séparés par le boulevard Charles Livon (7e) : le fort de Ganteaume au nord et le haut fort appelé fort d’Entrecasteaux au sud.

Deux enceintes

Ce dernier est lui-même constitué de deux enceintes imbriquées dont le plan quadrangulaire s’accroche à l’escarpement de la colline. A l’instar du fort Saint-Jean, accessible au grand public depuis l’ouverture du Mucem en 2013, la municipalité souhaite faire de la reconversion de cette citadelle un élément phare du programme de développement touristique instigué autour du vieux-port. Dans l’appel à candidature lancé ce 20 avril, elle précise qu’elle « souhaite un projet de réaffectation du site permettant de développer son attractivité dans le respect de sa qualité historique, patrimoniale, paysagère et emblématique ».
La ville entend mettre le site à disposition d’un opérateur privé ou d’un groupement d’opérateurs sans exiger de redevance d’usage. « Le projet devra révéler de nouvelles potentialités pour ce site et éviter sa banalisation pour en faire un véritable levier de développement pour lui-même, voire pour la ville », précise l’appel à candidature. 

Juste équilibre entre usages publics et privés

La ville attend une proposition construite sur l’idée « d’un juste équilibre entre les usages publics et privés ». Le preneur devra respecter plusieurs prescriptions dont « l’ouverture au public du fort et donc la création d’un nouveau lieu pour les Marseillais renforçant ainsi le développement de l’attractivité touristique de la ville ».
Dans une première phase, allant jusqu’au 3 février 2025, l’opérateur devra respecter l’autorisation d’occupation temporaire octroyée par la mairie avec l’association Acta Vista. Une AOT qui prévoit notamment le maintien sur le site de 98 emplois d’insertion. Il devra également prendre en compte le projet de téléphérique appeler à relier le site à Notre-Dame de la Garde. En revanche, la Ville n’impose aucune contrainte quant à la nature du projet qu’elle aimerait voir émerger. Elle propose simplement « une démarche de projet la plus ouverte possible, qui vise à stimuler les imaginations et les créations pour embellir la ville sans contrainte particulière de service public ou besoin spécifique de la mairie ».
Les candidats ont jusqu’au 23 mai pour déposer leurs dossiers. Ces derniers seront analysés à l’aune de plusieurs critères classés par ordre décroissant d'importance : la qualité de la réponse appréciée au regard de la programmation et du parti pris du projet de reconversion, du projet de valorisation patrimoniale, de la réponse en faveur d’un accès au public et de la mise en valeur du secteur patrimonial environnant ainsi que du modèle économique et du montage contractuel proposés.

3ème consultation en 5 ans !

En 2012, la ville envisageait d’implanter dans les entrailles de cette friche un fac-similé de la grotte Cosquer, joyau archéologique immergé dans les calanques qui recèle plus de 400 peintures et gravures rupestres. A l’époque, elle avait déclaré infructueux un appel à projets ad hoc, faute de candidats : « nous n’avions reçu qu’un seul dossier », rappelle Jean-Claude Gondard, le directeur général des services de la ville qui met cet échec sur le compte de la difficulté à boucler les négociations avec l’Etat sur la gestion des droits d’exploitation de la grotte sous-marine. « Sur ce coup, nous n’avons pas été très bons, car à la découverte de la grotte il y a vingt ans, c’est nous qui étions détenteurs de ces droits. Mais à l’époque, nous n’avons pas réagi et l’Etat a fini par les récupérer », avance M. Gondard. En 2012, la ville proposait de créer une réplique grandeur nature (1.300 m2) de la grotte Cosquer dans des galeries du fort creusées par l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Et elle estimait à une vingtaine de millions le montant de l’investissement nécessaire...
Un an plus tard, lors du deuxième appel à idées, la ville avait souhaité élargir le champ des possibles. Parmi les pistes un peu folles envisagées, elle imaginait une passerelle reliant le fort St-Jean et le fort d’Entrecasteaux. « Une manière de parachever la transformation du vieux-port et de conforter sa vocation touristique », se prenait à rêver M. Gondard. Les candidats devaient par ailleurs tenir compte des projets environnants. Dans sa délibération, la municipalité en recensait trois principaux : le collège et le programme immobilier* qui doivent le jour sur l’emprise de la caserne d’Aurelle et le projet de téléphérique qui relierait le vieux-port à Notre-Dame-de-la-Garde. Sans oublier la seconde phase du projet de semi-piétonnisation du vieux-port : une nouvelle tranche dont le morceau de bravoure devait être l’aménagement d’un glacis végétal au dessus de l’actuel bassin de carénage situé au débouché des tunnels routiers...  et juste en dessous du fort.




William Allaire
Journaliste

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