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Literie du Comtat : le savoir-faire familial

le 30 mars 2017 - Murielle KASPRZAK - Artisanat

Literie du Comtat : le savoir-faire familial
M. Kasprzak - Renée Henri, gérante à la retraite, a créé la Literie du Comtat avec son fils, Hervé, il y a trente ans.

La Literie du Comtat, installée à Courthézon, s'est forgée en trente ans une notoriété dans la fabrication de matelas et banquettes.

De son bureau, Renée Henri bénéficie d’une vue directe sur la vaste pièce où travaillent huit personnels administratifs et scrute attentivement toute personne qui en franchit la porte. A 74 ans, la gérante de la Literie du Comtat, à Courthézon, a laissé les rênes à son fils, Hervé, avec qui elle a créé la société en 1987, mais vient travailler chaque jour. « Je suis encore très utile, et puis c’est mon bébé, je ne veux pas le laisser, sourit-elle. Mais nous avons engagé un directeur financier depuis quatre mois pour me soulager dans mon quotidien et prendre une partie de mes responsabilités. » Si aujourd’hui l’entreprise, située sur la route nationale à deux pas d’une entrée de l’autoroute A7, emploie 55 personnes, envoie quotidiennement en livraison deux camions chargés à blocs et affiche un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros, l’ascension a été semée d’embûches.

L’aventure a commencé en 1987. Renée, décoratrice d’intérieur, et son fils cadet, Hervé, tout juste âgé de 19 ans, cherchent un avenir professionnel pour ce dernier, l’aîné ayant repris la propriété viticole.

« On connaissait un couple qui vendait draps et matelas et qui se débarrassait de son stock, raconte Renée Henri. On s’est dit : "Et si on continuait ?". On s’est lancé tous les deux, avec un chauffeur et une employée, dans une location à Sarrians. Trente ans plus tard, je dois avouer que c’est une belle réussite. Mais ça n’est pas arrivé comme ça, on a accompli un travail énorme. »

Développement de la distrib​ution en 2017

En 1992, les inondations ont emporté intégralement la petite société. « Il n’y avait plus rien, on est reparti de zéro, il a fallu tout reconstruire, mais heureusement pour nous, nos clients nous ont attendus », se souvient la gérante à la retraite. Mère et fils dénichent un bâtiment à Orange et renforcent progressivement la fabrication de matelas en mousse, latex et mémoire de forme, têtes de lit, sommiers et oreillers. En 2012, le binôme, à l’étroit, s’installe dans le hangar de Courthézon, double la chaîne de production et lance une gamme de literie haut de gamme. C’est Hervé Henri qui est chargé d’imaginer les nouveaux modèles et sa créativité a été récompensée l’an dernier par le Prix de l’innovation décerné par la Chambre de métiers du Vaucluse. « Tout est transformé ici avec des matériaux français principalement, il n’y a que les caisses à sommier en bois et une partie du tissu, le latex et la mousse que nous faisons venir de l’étranger », précise Renée Henri.

Les produits de la Literie du Comtat étaient jusqu’à présent distribués principalement dans la moitié sud de la France, mais l’embauche récente de deux représentants vise à conquérir la moitié nord de l’Hexagone en 2017. Le succès de la réussite de cette entreprise familiale repose, selon Renée Henri, sur « le sérieux de la production et la qualité de fabrication ».

« Tout ce que le client désire, nous le réalisons, expose-t-elle. Nous faisons des matelas de toutes les dimensions, d’une épaisseur variant entre 22 et 30 cm, avec des surmatelas ou pas, un couchage ferme ou plus souple. Bref, nous nous adaptons à la demande. Il faut constamment se remettre en cause et être attentif à la concurrence. »

Tous les jours, la septuagénaire et son fils descendent dans le vaste atelier de 5 000 m2 - avec d’un côté, la confection de la literie avec machines à matelasser et « galonneuses », et de l’autre, la menuiserie - pour saluer les employés le matin et s’assurer que tout se passe bien l’après-midi. « Il n’y a pas de roulement, toute l’équipe travaille en même temps parce qu’on a besoin de tout le monde, explique la gérante à la retraite. On fait d’abord appel à des intérimaires et s’ils font l’affaire, on les recrute en CDI. Je crois qu’ils sont bien avec nous. »

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