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[Les pépites de Vaucluse] Rolls-Royce, la précision au service du nucléaire

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[Les pépites de Vaucluse] Rolls-Royce, la précision au service du nucléaire
A. Ricci - Céline Wolf, directrice générale France de Rolls-Royce Nuclear Services & Projects.

Rolls-Royce est un groupe international au poids colossal de 16,478 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Le groupe comprend cinq branches : l'aéronautique civil, l'aéronautique militaire, les diesels allemands, la marine, le nucléaire. Cette dernière est elle-même divisée en trois pôles stratégiques : le nucléaire de défense (sous-marins), le nucléaire civil Instrumentation & Control (développement, fourniture, rénovation de contrôles commandes classés de sûreté pour les installations nucléaires) et le nucléaire civil Nuclear Services & Projects (services aux exploitants du nucléaire et les constructions neuves). A Mondragon, se trouve le siège France de Rolls-Royce Nuclear Services & Projects. Mais que se passe-t-il exactement ici dans la « Nuclear Valley » ? Eléments de réponse avec Céline Wolf, directrice générale France de Rolls-Royce Nuclear Services & Projects.

TPBM : Pouvez-vous nous retracer l'histoire de l'entreprise ?
Céline Wolf : Rolls-Royce s'est installée sur Mondragon en 2011. L'entreprise a voulu se positionner sur le nucléaire civil en France, car l'industrie du nucléaire est très forte ici avec un opérateur qui exploite 58 réacteurs. Tous les acteurs majeurs du nucléaire sont présents dans la région. Nous sommes dans une dynamique d'offre de services longs termes que l'on déploie sur tout le parc nucléaire pour différents exploitants comme EDF et Areva, par exemple. Entre 2011 et 2017, nous avons fait grandir l'entreprise de manière agressive, mais en étant très vigilants en termes de développement des organisations, des compétences et de la valeur de ce qu'on peut proposer. Nos effectifs ont d'ailleurs été multipliés par trois. Nous sommes maintenant identifiés comme un acteur important pour proposer des services à forte valeur ajoutée.

Sur quel marché vous positionnez-vous ?
Nous travaillons avec 170 exploitants à travers le monde. En France, nous travaillons notamment avec EDF, Areva et le CEA*.
Nous avons une expertise unique car nous avons une organisation très collaborative à l'international et on sait croiser les expertises. Nous devons être très efficaces d'un point de vue opérationnel. Nous voulons offrir un support réactif et pointu par rapport aux exigences des exploitants. Nous offrons donc un support long terme à l'exploitation, tant sur des aspects d'inspection critique des composants que de gestion de l'obsolescence et tout ce qui peut faciliter le maintien dans un bon état de fonctionnement des installations.
Notre stratégie s'organise autour de trois axes.
Premier axe, on va utiliser la puissance du numérique dans des cas concrets pour améliorer l'exploitation ou la maintenance. Ainsi en collaboration avec un opérateur nucléaire, l'exploitation et le traitement analytique (data analytics) des nombreuses données collectées au fil du temps, en opération, ont permis d'identifier des pratiques pour améliorer l'efficacité de production d'électricité et ainsi le rendement. Au final, cette collaboration a permis un gain d'un mégawatt d'électricité en sortie de production.
Deuxième axe, on va offrir des services visant à évaluer l'état d'un certain nombre d'équipements critiques dans des environnements nucléaires contraints, difficiles d'accès, avec des exigences fortes en termes de performance de sûreté et d'intégrité. On sait aller dans des endroits difficiles de manière sécurisée et fiable. On a ainsi su développer des systèmes d'inspection pour l'îlot nucléaire. Par exemple, les échangeurs sont très difficiles d'accès en raison de contraintes radiologiques, géométriques et d'immersion. Il fallait donc trouver un moyen pour aller inspecter en toute sûreté et avec une performance élevée de cadence. Nous avons donc créé un robot unique que nous opérons en déportant le poste de pilotage à 45 mètres de distance. Nous surveillons les équipements via des caméras.
Troisième axe qui concerne l'obsolescence. Il y a un certain nombre de composants qui vieillissent et qui deviennent introuvables sur le marché. Mais comme nous sommes présents en Europe et aux Etats-Unis, nous avons accès à des leviers qui ne sont pas accessibles facilement pour les exploitants. Nous créons donc les conditions d'approvisionnement.

Quels sont les ressorts de votre croissance ?
On est capable de faire du transfert de technologie par rapport à d'autres pratiques qu'on a pu développer pour d'autres exploitants. On utilise ces leviers en collaborant étroitement avec nos collègues au Royaume-Uni et aux USA. On est aussi transverse dans l'industrie. Par exemple, il y a actuellement une accélération de la transition numérique dans le nucléaire. Nous sommes très en pointe sur ces sujets-là dans notre branche aéronautique. On sait faire levier sur un certain nombre de capacités sur lesquelles on a une expérience unique pour les adapter à l'industrie nucléaire.

Quelles actions développez-vous en matière de R&D ?
Nous investissons pour pouvoir apporter l'innovation qu'il faut pour répondre aux besoins de l'exploitant. Nous collaborons avec 31 centres technologiques universitaires à travers le monde au sein du groupe Rolls-Royce. Notre financement de la R&D au sein du groupe représente plus de deux milliards d'euros par an. Nous accompagnons aussi en apprentissage, en graduate**, en professionnalisation des ingénieurs, des chercheurs.

Quelle stratégie l'entreprise porte-t-elle pour les prochaines années ?
Nous sommes dans une dynamique forte sur Mondragon. Nos effectifs ont été multipliés par trois en quatre ans à l'image de notre croissance en termes de chiffre d'affaires. Notre effectif pourrait être multiplié à nouveau par trois d'ici quatre ans. A ce titre, nous allons d'ailleurs nous agrandir et déménager dans de nouveaux locaux d'ici 2019.

* Le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives.
** Programmes d'études supérieures.

Fiche d'identité de l'entreprise

Activité : services aux exploitants du nucléaire et les constructions neuves
Président de Rolls-Royce Nuclear Services & Projects : Rob Fletcher
Directrice générale France de Rolls-Royce Nuclear Services & Projects : Céline Wolf
Siège social : Londres (Royaume-Uni)
Année de création : 2011 en France
Autres implantations : Mondragon (France), Gateshead (Royaume-Uni), Warrington (Royaume-Uni), Derby (Royaume-Uni), Barnwood (Royaume-Uni), Williamson (Etats-Unis), Pittsburgh (Etats-Unis), Canada.
Marque : Rolls-Royce
Chiffre d'affaires : 929 millions d'euros (en 2016) pour la branche nucléaire de Rolls-Royce dont Nuclear Services & Projects fait partie
Croissance : 11 % (en 2016) pour la branche nucléaire de Rolls-Royce dont Nuclear Services & Projects fait partie
Nombre de collaborateurs Nuclear Services & Projects : 35 en France (600 dans le monde) au 31 décembre 2016
Ses concurrents : Vinci Energies, Onet…




Alain RICCI
Journaliste

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