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[Les pépites de Vaucluse] RES, le vent et le soleil comme moteurs de croissance

Vaucluse le 31 août 2017 - Propos recueillis par Alain RICCI - Entreprises

[Les pépites de Vaucluse] RES, le vent et le soleil comme moteurs de croissance
A. Ricci - Matthieu Guérard, directeur général de RES.

Depuis 15 ans, RES développe, construit et exploite des parcs éoliens et solaires sur le marché français pour son compte propre et celui de tiers. Elle surfe sur le boom des énergies renouvelables soutenu par la loi de transition énergétique pour la croissance verte. Les énergies renouvelables représentent aujourd'hui 19,6 % de la consommation d'électricité en France. La loi prévoit d'augmenter à 40 % la part des énergies renouvelables dans la consommation électrique totale à l'horizon 2030. Rencontre avec le directeur général de RES, Matthieu Guérard.

TPBM : Pouvez-vous nous retracer l’histoire de RES ?
Matthieu Guérard : La société Eole Technologie a été créée en 1995. En 1999, une joint-venture a généré Eole-RES. En 2001, un tarif de rachat pour l’électricité d’énergie renouvelable est instauré. On est assuré de vendre notre électricité à un prix qui est fixé par décret, ce qui nous permet de construire nos installations et de vendre de l’électricité à long terme. En novembre 2001, Eole-RES met en service le parc de Souleilla-Corbières (Aude), ce qui représentait le plus grand parc éolien français à cette époque. En 2004, RES* (Royaume-Uni) acquiert Eole-RES. En 2008, nous construisons l’un de nos plus grands parcs éoliens, et le premier en Bourgogne : le parc du pays de Saint-Seine (50 MW). En 2011, l’entreprise met en service sa première centrale solaire photovoltaïque de Puits Castan (Aude). En 2012, RES remporte un projet de 500 MW éolien offshore dans le cadre de l’appel d’offres lancé par le gouvernement français en juillet 2011, en partenariat avec Iberdrola. En 2014 débute le chantier du parc des Portes de Côte d’Or (Côte d’Or). Ce sera à terme le plus grand parc installé par RES (54 MW). En 2016, RES lance sa première campagne de financement participatif pour financer un mât de mesure** en Seine-et-Marne. Depuis janvier 2017, nous sommes passés sur un complément de rémunération, c’est-à-dire qu’on vend notre électricité sur le marché et on a une compensation si le prix du marché est insuffisant pour faire fonctionner nos installations. Autre nouveauté, on va devoir déterminer le prix auquel on veut vendre notre électricité. Nous nous orientons vers des énergies renouvelables qui sont complétement compétitives sur le marché de l’électricité.

Sur quel marché vous positionnez-vous ?
Nous proposons soit de l’électricité que l’on vend directement à EDF, voire au consommateur final dans certains cas comme avec Ilek*** (33 millions d’euros de chiffre d’affaires), soit des centrales clefs en main pour des investisseurs (fonds de pension, industriels) qui vendent leur électricité (100 millions d’euros de chiffre d’affaires). Nous sommes le sixième exploitant de centrales en France.
Les principales activités de RES sont l’énergie éolienne terrestre, l’énergie éolienne offshore, l’énergie solaire, le stockage et la transmission. En France, RES développe, finance, construit et exploite des centrales de production d’énergies solaire et éolienne. Chaque année, nous construisons en moyenne 100 MW de centrale éolienne ou solaire, ce qui représente entre trois et cinq projets. Nous produisons chaque année 685 MW pour alimenter environ 850 000 personnes.
Aujourd’hui, RES s’appuie sur cette expérience pour proposer des services à la construction et un accompagnement tout au long de l’exploitation d’installations renouvelables avec une offre complète de services de gestion d’actifs. Nous voulons développer également une activité de stockage d’énergie renouvelable via des batteries.

Quels sont les ressorts de votre croissance ?
Le ressort de notre croissance est le développement du marché des énergies renouvelables en France. Elles deviennent de plus en plus compétitives et à terme, pourront remplacer les autres sources d’énergie à base de fossiles. Les énergies renouvelables devraient représenter 71 GW minimum en 2023. L’éolien terrestre doit passer de 10,3 GW aujourd’hui à 21,8 GW en 2023. L’éolien en mer posé, pour l’instant inexistant, doit atteindre 3 GW en 2023. Le solaire doit passer de 6,2 GW aujourd’hui à 18,2 GW en 2023. Concernant les autres énergies renouvelables, mais nous ne sommes pas présents sur ces marchés, l’objectif est d’atteindre en 2023 : 25,8 GW pour l’hydroélectricité, 100 MW pour les énergies marines (éolien flottant, hydroliennes), 790 MW pour le bois-énergie, 237 MW pour la méthanisation, 53 MW pour la géothermie électrique, 1,5 GW pour les déchets, biogaz de décharge et de Step (Station d’épuration, NDLR)

Quelles actions développez-vous en matière de R&D ?
Nous bénéficions de la R&D qui provient des constructeurs de machines. Depuis ces dernières années, les machines ont un meilleur rendement. Les principaux fabricants de machines sont Vestas, Siemens, Senvion, Enercon, Nordex, GE. En interne, nous avons un bureau d’études qui traite du développement de logiciels.

Quelle stratégie le groupe porte-t-il pour les prochaines années ?
Nous voulons être capables d’offrir au marché une électricité d’origine renouvelable à des prix concurrentiels. En France, il y a une certaine lourdeur à développer des projets éoliens. On met 7 à 10 ans alors qu’on met seulement 4 ans en Allemagne. Notre problématique est de trouver de nouveaux projets, d’obtenir des autorisations pour ces projets. L’objectif principal est de rester l’un des leaders du marché pour le solaire et l’éolien.

* Renewable Energy Systems.
** L’installation d’un mât de mesure du vent est un préalable à tout projet éolien. Il permet après analyses des données enregistrées d’établir un profil des vitesses et des directions des vents.
*** Ilek est un nouveau fournisseur d’électricité agréé par le ministère de l’Energie dont les premières offres ont été commercialisées en novembre 2016. Cette nouvelle entreprise implantés à Toulouse se veut avant tout une plate-forme de mise en relation entre consommateurs et producteurs d’électricité verte.

Quatre projets de RES

Mollégès (Bouches-du-Rhône)
Le projet solaire de Mollégès a été désigné lauréat, en décembre 2015, de l’appel d’offres pour des installations solaires de grande puissance (plus de 250 kWc - kilowatt crête) lancé par la Commission de régulation de l’énergie, aux côtés de deux autres projets solaires développés par RES pour une puissance totale de 18,6 MWc. Le permis de construire a été obtenu en janvier dernier et la mise en service est envisagée pour fin 2017. Le projet de Mollégès est un projet solaire photovoltaïque au sol de 2,5 MWc en technologie tracker (panneaux qui pivotent pour suivre la trajectoire du soleil). Le projet occupera une surface d’environ quatre hectares de terrains en friche, permettra d’économiser environ 100 tonnes de CO2 par an et d’alimenter en électricité propre les besoins d’environ 840 foyers chaque année.

Blaiseron (Haute-Marne)
Le parc de Blaiseron se situe à l’ouest du village de Leschères-sur-le-Blaiseron, sur un plateau dominant la vallée bocagère du Blaiseron. Le parc éolien est constitué de six éoliennes pour une puissance totale de 12 MW. Le parc permet d’économiser 2 000 tonnes de CO2 par an et d’alimenter en électricité propre les besoins d’environ 6 000 foyers. Le parc a été mis en service début 2017. Un sentier pédagogique sur le parc de Blaiseron et son contexte environnemental a été initié par RES et mis disposition de l’ensemble des visiteurs.

Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor)
RES a signé un accord de partenariat exclusif avec Iberdrola, leader mondial de l’éolien, pour répondre à l’appel d’offres éolien en mer lancé par le gouvernement français en 2011. A la suite de cet appel d’offres, le consortium s’est vu attribuer le projet éolien en mer de Saint-Brieuc et a créé une société de projet baptisée « Ailes Marines ». Le projet s'inscrit dans une volonté politique de développement des équipements de production d’énergie renouvelable dans la région et devrait alimenter à lui seul 840 000 habitants. Il porte sur le développement, la construction et l’exploitation d’un parc éolien en mer d’une puissance de 496 MW situé à environ 20 kilomètres au large de la baie de Saint-Brieuc. Fin avril 2017, « Ailes Marines » a obtenu les trois autorisations administratives nécessaires à la construction et à l’exploitation du parc éolien en mer.

Monts de l’Ain (Ain)
Implanté sur la crête de l’Avocat, sur les communes d’Izenave, Vieu-d’Izenave, Labalme et Cerdon dans l’Ain, le parc éolien épouse le relief naturel. Il est constitué de neuf éoliennes pour une puissance totale de 18 MW. Le parc permet d’économiser 3 100 tonnes de CO2 par an et d’alimenter en électricité propre les besoins de plus de 8 000 foyers. Le parc des Monts de l’Ain est aujourd’hui en cours de construction et la mise en service est prévue pour fin août 2017.

Fiche d’identité de l’entreprise

Activité : développeur, constructeur, exploitant de centrales d’énergie renouvelable (éolien, solaire)
Président : Jean-Marc Armitano
Directeur général : Matthieu Guérard
Siège social : Avignon (France)
Année de création : 1999, société issue de la co-entreprise française Eole-Technologie et du Britannique RES
Autres implantations : Lyon, Paris, Bordeaux, Dijon, Béziers
Groupe RES : 13 pays
Marque : RES
Chiffre d’affaires : 133 millions d’euros
Marché domestique : 100 %
Marché à l’export : 0 %
Nombre de collaborateurs : 190
Ses concurrents : EDF, Engie, Boralex, Valorem, Quadran



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