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Les monnaies locales complémentaires, une alternative crédible ?

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Les monnaies locales complémentaires, une alternative crédible ?
D.R. - Toutes les monnaies locales complémentaires entendent offrir une alternative à la monnaie unique européenne, l'euro.

En forte progression en région Paca, l'utilisation des monnaies locales complémentaires (MLC) connaît un véritable engouement. Défiance vis-à-vis des marchés financiers « traditionnels », volonté de doper l'économie locale, comment expliquer qu'ils soient de plus en plus nombreux à faire leurs achats avec une autre monnaie que l'euro ?

Elles s'appellent la Roue à l'ouest de la région, le Centifolia dans les Alpes-Maritimes, ou encore le Cigalonde à La Londe-les-Maures dans le Var, le Renoir à Cagnes-sur-Mer (06), sans compter le Nissart sur la commune de Nice, et entendent toutes offrir une alternative à la monnaie unique européenne, l'euro.

Aujourd'hui en Paca, au moins quatre monnaies locales complémentaires (MLC) seraient en circulation sur différents bassins de vie, et de nombreux projets de MLC sont en cours sur le territoire régional et pourraient émerger dès janvier 2017. Si chaque association en charge de ce type de monnaie a des objectifs bien distincts, l'échange et l'effet booster de l'économie locale restent une constante.

Quels enjeux pour les monnaies locales​ complémentaires ?

Née d'un mouvement citoyen de seulement quelques individus, après la crise des subprimes, la Roue, portée par l'association Seve*, est aujourd'hui présente sur trois départements de Paca : les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence. Chaque jour, elle étend davantage son emprise sur le territoire, une démarche qu'explique Anne Demichelis, chargée de développement de la Roue en Vaucluse (son lieu de naissance). « La Roue est issue de la volonté de quelques individus, mais nous sommes conscients que pour continuer d'exister et compte tenu de l'intérêt que peut susciter cette démarche, nous devons passer un cap. Dépasser le cadre du particulier. Aujourd'hui, la majorité des professionnels qui font tourner la Roue, exercent dans les domaines de l'alimentaire et du bien-être. Demain, nous voudrions que les collectivités territoriales l'utilisent dans leurs services, pour le théâtre, la piscine, pourquoi pas les primes de Noël, qu'elles paient leurs fournisseurs en Roues. Nous voudrions également sensibiliser les artisans à ce type de monnaie, qui est à parité avec l'euro. Une Roue est égale à un euro. »

Elle poursuit :

« Sur la base du volontariat pour les associations, les collectivités territoriales pourraient également verser, au moins en partie, leurs subventions en Roues. Pour conclure, nous avons, au fil des années, pris conscience que si nous voulions changer les choses, nous devions avoir un poids économique et évidemment un poids politique. C'est notamment pour cela que nous attendons un signe de la Cress Paca**. »

Bientôt les Hautes-Alpes

Si les comptes ne seront bouclés définitivement que d'ici quelques semaines, Anne Demichelis comptabilise cependant 150 000 Roues qui tourneraient sur la partie ouest de la région (données 2015). Un chiffre qui ne tient pas compte des autres différentes monnaies locales complémentaires en circulation en Paca, ou de celles qui pourraient arriver sur le circuit d'ici peu. Sur le territoire de Cagnes-sur-Mer, 16 000 Renoirs sont ainsi en circulation. Sur le territoire de la communauté de communes Alpes d'Azur, la monnaie des Vallées d'Azur devrait apparaître courant 2017. Sur la commune de Nice, le Nissart pourrait s'échanger d'ici juin 2017. « Pour l'heure, une dizaine de commerçants, artisans, un paysan et un ostéopathe font partie du projet » assure Cristòu Daurore en charge de ce dernier. Le Centifolia, sur le pays de Grasse, pourrait quant à lui être mis en circulation début 2017 après trois années de préparation et une phase d'expérimentation en cours. Dans les Hautes-Alpes, le projet de monnaie locale pourrait se construire autour de la Roue, déjà présente sur trois départements voisins.

Sans concurrence entre elles, les monnaies locales complémentaires sont gérées par des associations et elles poursuivent leur développement sur des territoires bien définis. Néanmoins, quelques-unes n'excluent pas une mutualisation et certaines d'entre elles (les plus avancées) envisagent un processus de dématérialisation de leur monnaie dans les mois à venir.

* Système d'échanges pour vitaliser l'économie.
** Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Retrouvez dans le numéro 1158 de TPBM notre dossier consacré au mois de l'Economie sociale et solidaire (parution le 30/11/2016).




Hélène Saveuse
Journaliste

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