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Le renforcement des digues entre Fourques et Beaucaire a commencé

le 14 mars 2017 - Murielle KASPRZAK - Chantiers

Le renforcement des digues entre Fourques et Beaucaire a commencé
M. Kasprzak - Des compacteurs à pieds de moutons exercent une forte pression sur le sol afin de lier les couches les unes aux autres e

Depuis le mois de novembre ont commencé des travaux de renforcement des digues sur la rive droite du Rhône entre Fourques et Beaucaire. L'objectif du Symadrem est de consolider 13 km d'ouvrage.

En novembre a débuté l’opération la plus ambitieuse menée par le Syndicat mixte interrégional d’aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer (Symadrem) : consolider l’ouvrage sur 13 kilomètres, entre Fourques et Beaucaire.

Les travaux, qui s’inscrivent dans le cadre du Plan Rhône, devraient durer deux ans et demi à trois ans et coûter 58 millions d’euros. « Les ouvrages sécurisés sont capables de résister à une crue millénale ou exceptionnelle du Rhône, indique Thibaut Mallet directeur technique. La digue sera résistante à la surverse, c’est toute l’intelligence du Plan Rhône ». « Rehausser la digue a ses limites, enchérit le président, Jean-Luc Masson. Une crue peut créer une ouverture brutale, soit à cause de l’érosion, soit en raison d’infiltrations, l’eau s’engouffre et casse l’ouvrage. Plus l’eau casse, plus c’est dangereux ». Et lorsque la digue cède, des torrents envahissent plaines, parcelles agricoles, entreprises et habitations avec un débit très rapide.

Une digue résistante à la surverse

« Une digue résistante à la surverse est recouverte d’un parement d’enrochement bétonné, comme une carapace, poursuit le président. L’eau passe par-dessus lorsque la crue dépasse le seuil de protection sans occasionner de dégâts et lorsque la crue est amorcée, le déversement de l’eau cesse. On a des inondations localisées et localisables à l’avance, ce qui représente une nette amélioration. Aujourd’hui, on ne sait pas à quel moment il va y avoir une brèche, ni à quel endroit. En novembre, par exemple, nous avons été confrontés à une brèche aux Saintes-Maries-de-la-Mer sans que l’on s’y attende ». A Arles, le passage du fleuve étant contraint en raison de la configuration urbaine, l’objectif est donc, pour limiter les dégâts en cas de crue, de déverser en amont sur la rive droite et la rive gauche du Rhône le débit supplémentaire qui ne pourrait pas être canalisé.

Minutieux travail du sol

Les travaux se répartissent en deux lots de 5 km et 8 km. Au sud de Fourques, trois ateliers sont ouverts en même temps sur la digue, qui est démontée puis reconstruite un peu plus loin par une vingtaine de personnes. « Nous avons demandé à l’entreprise de limiter les ouvertures de la digue pour des raisons de sécurité, observe Jean-Luc Masson. On s’assure en permanence que les ouvriers sont en mesure de reboucher dans la journée toute brèche en cas de risque de crue. On sort d’une période favorable et on entre dans le printemps avec la fonte des neiges et les averses, il faut donc limiter les ouvertures ». Les tronçons de digue datent pour la plupart du Moyen-Age, laissant entrevoir le mille-feuilles des rehaussements successifs qui ont été effectués au fur et à mesure des crues. « On a encore des digues napoléoniennes sur notre périmètre ! », s’amuse Pascal Mercier, ingénieur travaux au Symadrem.

A l’aval, la station de pompage et la station de ressuyage font l’objet d’une remise à neuf. « Comme la digue va passer par-dessus, on s’assure qu’il n’y ait pas de problème d’étanchéité, note l’ingénieur travaux. On met en place un ouvrage avec un système de vannes pour éviter qu’en cas de crue, l’eau entre à l’intérieur ».

Des tonnes de déchets à évacuer d'une décharge

Les travaux, qui ont débuté en novembre, se déroulent sans problème majeur pour l’instant. Bien sûr, il y a eu des mauvaises surprises. « Lors des travaux de terrassement, on est tombé sur une ancienne décharge de Fourques, il a fallu évacuer 7 000 tonnes de poubelles. On a eu sensiblement la même chose du côté d’un remblais », peste le président du Symadrem.

Pour réaliser le déplacement de la digue le long du fleuve, le Symadrem a dû acquérir environ 400 parcelles avec environ 300 propriétaires. « Les trois quarts des dossiers ont été réglés à l’amiable et on a procédé à des expropriations pour le quart restant, ce qui correspond à 70 dossiers », explique Pauline Lemaire, chargée d’opération au Symadrem.

Quelques centaines de mètres plus loin, le long de la départementale 6113, trois camions passent et repassent sur une même portion : ce sont des compacteurs à pieds de moutons qui exercent une forte pression sur le sol pour lier les différentes couches les unes aux autres. « On atteint l’optimum du compactage, on ne se contente pas d’empiler les matériaux, il y a tout un processus, explique l’ingénieur travaux. Le point stratégique est ici, le but est de permettre à la digue de résister en cas de pression de la crue ». « Une digue, ce n’est pas un tas de terre, c’est un ouvrage d’art », conclut Jean-Luc Masson.





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