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La L2 Nord : un chantier géant

Bouches-du-Rhône le 26 juillet 2017 - Jean-Pierre ENAUT - Chantiers

La L2 Nord : un chantier géant
J.-P. Enaut - L2 : parcours express en images

Après la tranchée couverte des Tilleuls, ont débuté à Marseille les travaux d'aménagement de la L2 Nord qui comportera un point d'échanges à Saint-Jérôme. Cette nouvelle artère de 4,5 km, qui desservira l'université ainsi que le centre urbain et commercial du Merlan, a fait l'objet d'une visite de chantier très didactique.

Le projet de la L2 remonte aux années 1930. La ville de Marseille souhaitait alors réaliser une seconde rocade, la première étant constituée par des boulevards de ceinture. Aujourd’hui, cette nouvelle rocade combine deux fonctions complémentaires, à savoir le contournement de Marseille par une mise en relation des deux autoroutes A7 et A50 d’une part et la desserte inter-quartiers d’autre part. La première partie, la L2 Est allant de l’autoroute A50 vers Frais-Vallon, a abouti à un tracé en tranchée couverte avec des aménagements urbains ou des espaces verts sur les couvertures (Parc de la Moline, jardins familiaux réalisés sur la tranchée de Montolivet). « Depuis sa mise en service, le 29 novembre 2016, nous avons enregistré quelque 65 000 véhicules par jour dans les deux sens, nord et sud », se félicite Inouk Moncorgé, directeur général de la Société de la rocade L2, chargée de la  conception, de la construction et du financement de la L2, ainsi que de la maintenance de l’ouvrage pendant 30 ans. L’exploitation de la L2 est quant à elle réalisée par l’Etat, via la Direction interdépartementale des routes Méditerranée.

Un lent processus

La rocade L2 A507 est en fait une autoroute urbaine de 9,7 km qui assurera le contournement du centre-ville de Marseille vers l’A50 (autoroute Est vers Aubagne et Toulon) et l’A7 (autoroute Nord vers Lyon et par l’A51 vers Aix-en-Provence). Elle comporte cinq échangeurs et deux demi-échangeurs. La L2 est couverte sur près de la moitié de sa longueur avec huit tranchées couvertes dont deux supérieures à 1 km. Après la section L2 Est de 5,2 km, la seconde, la L2 Nord, de 4,5 km devrait être livrée au printemps 2018. Après les premières études menées dans les années 80, une démarche de concertation a été effectuée auprès du public entre 2000 et 2002. A la suite, le dernier Avant-projet sommaire (APS) a été produit en octobre 2004 sur la base de la solution « MIN Ouest » (Marché d’intérêt national).

Depuis lors, un complément de concertation publique a été apporté en 2008 et une enquête publique relative à cette option a été lancée en 2009. Et la L2 Nord a fait l’objet d’une Déclaration d’utilité publique (DUP) en Conseil d’Etat en 2010.

C’est après la tranchée couverte des Tilleuls qu’elle commence. Cette seconde partie, qui comprend un point d’échanges à Saint-Jérôme, desservira d’une part l’université et d’autre part le centre urbain et commercial du Merlan par une nouvelle voie de surface créée dans le cadre du projet le long de la L2 qui rejoindra l’avenue Prosper-Mérimée. Après un parcours en tranchée couverte sous l’actuelle avenue Allende, la rocade rejoindra l’A7 entre la voie ferrée et le MIN des Arnavaux au niveau de l’échangeur éponyme. « Nous sommes à présent à 75 voire 80 % de l’avancement des travaux », précise Inouk Moncorgé.

Un véritable contournement

Si la majorité du gros œuvre est achevée, le chantier demeure considérable pour obtenir la continuité entre l’échangeur Florian et l’entrée de l’autoroute A7 à hauteur des Arnavaux. Cet ouvrage assurera à terme une continuité autoroutière entre la L2 et l’A7 et permettra dès lors de relier l’aéroport et Aix-en-Provence. « Nous pourrons également, via les carrefours situés au-dessus des autoroutes, favoriser les échanges entre l’A7 et la voirie urbaine [avenue du MIN, boulevard Gay-Lussac et boulevard Simon-Bolivar, NDLR] », rajoute Inouk Moncorgé.

Pour la réalisation de ce chantier, la Société de la rocade L2 s’appuie sur le Groupement d’intérêt économique (GIE) L2 Construction, composé des filiales de Bouygues, Colas et Spie Batignolles, qui a en charge la conception et la construction de l’ouvrage pendant les quatre premières années du contrat de partenariat public-privé. Les trois groupes et les sous-traitants emploient 400 à 500 personnes actuellement sur ce chantier de grande envergure qui permettra d’ouvrir, a priori en avril 2018, une autoroute deux fois trois voies avec de nombreuses parties enterrées.

A Saint-Jérôme, terminus de l’A7, des travaux d’aménagement sont en cours afin de permettre au Bus à haut niveau de service (BHNS) de rallier l’université.

Le chantier bat son plein également à Sainte-Marthe où un bassin de rétention de 3 000 m2 verra le jour. Dans un peu moins d’un an, le trafic devrait ainsi être considérablement amélioré pour les Marseillais dans un secteur qui était saturé depuis fort longtemps !



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