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La fragilité des centres anciens à la loupe

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La fragilité des centres anciens à la loupe
Ville de Mandelieu - Mandelieu-la-Napoule (06) requalifie son centre-ville depuis deux décennies.

Commanditée et financée par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, une importante étude, unique en France et menée par le réseau des agences d'urbanisme de la région, évalue le niveau de dévitalisation de 100 centres anciens de communes de toutes tailles. Chargé de mission de l'Agam (Agence d'urbanisme de l'agglomération marseillaise), Jean Picon, qui l'a pilotée, en tire les principaux enseignements.

TPBM : Parmi les 100 communes étudiées, manquent les cinq principales de notre région, Marseille, Nice, Toulon, Aix-en-Provence et Avignon, pourquoi ?
Jean Picon : Parce qu'elles font faire l'objet du volet de cette étude qui sera mené cette année, piloté par mon homologue de l'Audat (Agence d'urbanisme de l'aire toulonnaise), Marc Esponda, lequel approfondira également davantage, en zoomant sur 15 centres anciens, le diagnostic effectué l'an dernier pour lequel nous avions ainsi sélectionné un ensemble de 100 centres anciens de centres-bourgs, de villes moyennes et de communes de toutes tailles, à l'image de Castellane, 1 500 habitants. Soixante déjà répertoriées par le SRADDT* 2013-2030 et 40 qui nous ont parus à cet égard intéressantes (où résident au total 68 000 habitants, soit 1,3 % de la population de la région, NDLR),

Quel est alors le diagnostic établi ?
Nous avons dû tout d'abord imaginer, notamment en raison de la difficulté d'accès à certaines données, de nouvelles méthodes statistiques et d'observation. Schématiquement, nous avons établi une sorte d'échelle de Richter avec cinq niveaux d'alerte, de très élevé à très faible, pour classer les 100 centres auscultés. Pour cela, nous avons défini trois principales familles d'indicateurs, des phénomènes parfaitement visibles dont nous avons tenu compte, à savoir : la paupérisation des habitants, la dégradation et la vacance du parc de logements, et le délitement du petit commerce même s'il a été plus difficile dans ce dernier domaine de mesurer la vacance exacte.

Et ça donne quoi comme résultats plus précisément ?
Guère brillants. La plupart des centres anciens, les deux tiers environ, comme au niveau national, se portent mal. En effet, si l'on excepte les 25 communes à forte connotation et fonction touristique, qui s'en sortent mieux avec un niveau d'alerte de faible à très faible pour la majorité - et encore la règle n'est pas toujours valable pour toutes, Orange par exemple -, un centre-ville sur cinq présente un niveau d'alerte très élevé ou élevé avec sur le podium Carpentras, Grasse et Orange.

Heureusement, ces communes ont souvent pris déjà la mesure du problème, comme c'est par exemple le cas de Grasse qui mène des actions dans ce sens ou de Carpentras qui s'en préoccupe également. Les centres anciens de Brignoles, Draguignan, Manosque, Digne et Cavaillon montrent également, au prisme de cette étude, un niveau de fragilité préoccupant. Et quand on y regarde encore de plus près, par exemple pour les villes du Vaucluse, on se rend compte que la dévitalisation du commerce en centre-ville est bien souvent corollaire au développement de zones périphériques de grandes surfaces commerciales qui n'ont pas arrangé les choses. Surtout, pour les vingt-et-une premières communes** les plus touchées par cette problématique, tous les indicateurs sont au rouge et il convient donc de réagir très vite sinon elles iront droit dans le mur.

Que préconisez-vous ?
Ce n'est pas l'objectif de l'étude mais les solutions et les outils existent. Seulement, pour traiter le problème, c'est extrêmement complexe car comme dans le cas, par analogie, d'une maladie qui s'attaque à plusieurs organes à la fois, il convient de traiter dans son ensemble, sur tous les fronts, et non pas un seul organe atteint, c'est-à-dire à la fois le commerce, mais aussi l'espace public, les équipements, l'habitat, l'animation, l'activité, l'artisanat, etc. Il y a une vingtaine d'années, on a commencé à voir apparaître des « city managers » au sein des collectivités. Ils ne seraient pas superflus, entre autres.

* Schéma régional d'aménagement et de développement durable du territoire.
** Parmi lesquelles, outre celles déjà citées, il convient d'ajouter Tarascon, Bollène, Valréas, Apt, Sisteron, La Seyne-sur-Mer, Le Luc, La Ciotat, Marignane, Istres, Berre-l'Etang, Le Muy et Sorgues.

A disposition en ligne

Livrée en fin d'année dernière, cette étude, qui se décline notamment sous la forme d'atlas en deux parties (la première concernant la commune et la seconde son centre ancien), est disponible dans sa totalité sur le site Internet de l'Agam où les atlas établis pour les 100 communes auscultés peuvent être téléchargés.

Pour consulter l'étude, c'est par ici



Jean Philippe PIERRAT
Journaliste

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