Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations locales, économiques et judiciaires en PACA

L'EPF Paca craint un ralentissement d'activité

le - - Territoires

L'EPF Paca craint un ralentissement d'activité
D.R. - Nicolas Isnard, président de l'EPF Paca, s'inquiète du désengagement des bailleurs sociaux face à de nombreux projets.

La crise que traversent les bailleurs sociaux commence à impacter l'activité de l'Etablissement public foncier Provence-Alpes-Côte d'Azur (EPF Paca). De nombreux maires constatent un désengagement des logeurs. Une mauvaise nouvelle alors que l'EPF Paca fête aujourd'hui son 15e anniversaire en grande pompe à Toulon.

Les turbulences qui agitent l'univers des bailleurs sociaux impactent l'activité de l'Etablissement public foncier Provence-Alpes-Côte d'Azur (EPF Paca). Lors du dernier conseil d'administration de l'organisme, qui s'est tenu Marseille le 13 mars, les élus ont tiré la sonnette d'alarme sur les conséquences de l'attentisme qui semble saisir les logeurs sociaux. « De nombreux appels à projets lancés par les communes depuis fin 2017 font chou blanc, faute de candidats. Les promoteurs ne répondent pas car les bailleurs refusent de s'engager », constate Nicolas Isnard, le président de l'EPF Paca.

Symptôme de la gravité du problème : le phénomène ne concerne pas que les communes de l'arrière-pays où le marché immobilier n'est pas en tension. Le Puy-Sainte-Réparade dans le pays d'Aix et Entraigues dans l'aire avignonnaise sont toutes deux victimes de ce désengagement. Et même les opérations engagées subissent le coup de froid. « Dans ma commune [Salon-de-Provence, ndlr], Ametis vient de m'annoncer qu'il allait retarder un programme de 48 logements car l'ESH* Logis Méditerranée, qui avait accepté d'acheter en bloc les logements, s'est retirée. Et notre SEM immobilière, la Semisap**, n'a pas les moyens de remplacer le bailleur », se désole l'édile salonnais. A Cheval-Blanc, près de Cavaillon, c'est pire : un site maîtrisé par l'EPF ne trouve pas preneur. « Le maire avait déjà du mal à trouver un opérateur social car le marché locatif n'est pas sous pression. Aujourd'hui, plus personne ne vient », ajoute le président de l'établissement. « Les échos qui nous viennent de tout le territoire sont unanimes : nous anticipons une baisse des sollicitations », annonce Claude Bertolino, la directrice générale de l'EPF. « On commence à voir les promoteurs répondre en solo à nos appels à projets », renchérit la dirigeante. « Si ça continue, l'atterrissage va se transformer en crash », prévient Nicolas Isnard.

Vingt-deux nouvelles conventions

Malgré ces signaux inquiétants, l'EPF tente de poursuivre sa mission de régulation. Lors du conseil d'administration, les élus ont approuvé 25 dossiers opérationnels pour un montant d'engagements de 112,7 millions d'euros. Parmi ces dossiers, 22 concernent de nouvelles conventions (montant : 84,7 M€). Un effort qui porte son volume d'engagements cumulés depuis sa création fin 2001 à 1,772 milliard d'euros.

L'EPF a entériné six nouveaux partenariats avec cinq communes - Riez, Reillanne et Castellane dans les Alpes-de-Haute-Provence, Aurons dans les Bouches-du-Rhône et Gassin dans le Var - et un EPCI*** - la communauté de communes du Pays de Forcalquier et de la Montagne de Lure dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Seize de ces nouvelles conventions concernent des projets d'habitat, la mission première de l'EPF (pour un montant d'engagement de 33,7 M€). A Roquebrune-Cap-Martin, entre Monaco et Menton, l'établissement est engagé dans l'acquisition d'une dent creuse en centre-bourg. Le site de 4 766 m2 devrait accueillir une opération d'une cinquantaine de logements, majoritairement sociaux, Roquebrune étant l'une des 72 communes carencées de la région Paca.

Trois autres dossiers relèvent d'opérations d'anticipation foncière à Cagnes-sur-Mer, Saint-Raphaël et Carpentras (montant cumulé : 10 M€).

Enfin, les trois derniers dossiers concernent des projets de développement économique dans trois communes : Avignon, Miramas et Gassin (montant global : 41 M€). A Gassin, dans le golfe de Saint-Tropez, l'EPF est mandaté par la commune pour racheter le site de Naval Group (ex-DCNS). La ville souhaite préempter l'emprise de cette usine de torpilles (8,7 ha) que l'industriel souhaite céder à un opérateur privé. La valeur du site a été estimée à 23 millions d'euros par France Domaine (devenu la Direction immobilière de l'Etat). La convention passée entre l'EPF et la commune voit un peu plus large puisqu'elle mobilise 30 millions d'euros. « Le site en front de mer a vocation à conserver une vocation économique selon le Scot [Schéma de cohérence territoriale, NDLR] », explique Claude Bertolino.

* Entreprise sociale pour l'habitat.
** Société d'économie mixte de la ville de Salon-de-Provence.
*** Etablissement public de coopération intercommunale.




William Allaire
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

TPBM Semaine Provence Journal d'annonces légales et d'informations locales, économiques et judiciaires en PACA

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide