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Charles-Ange Ginésy (ANMSM) : "Nos stations sont des piliers de l'attractivité touristique"

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Charles-Ange Ginésy (ANMSM) : "Nos stations sont des piliers de l'attractivité touristique"
Conseil départemental des Alpes-Maritimes - Charles-Ange Ginésy, président de l'Association des maires de stations de montagne (ANMSM).

Chef de file des maires de stations de montagne, également président du conseil départemental des Alpes-Maritimes et du syndicat mixte de Valberg, Charles-Ange Ginésy évoque les grands enjeux des stations des Alpes du Sud : rôle des collectivités dans leur développement, diversification vers des stations de montagne, apport des smart grids à leur économie et à leur fonctionnement.

TPBM : A l'orée d'une nouvelle saison hivernale, quel est le bilan de santé des stations de sport d'hiver des Alpes du Sud ?
Charles-Ange Ginésy : Elles ont, l'an passé, réussi à tirer leur épingle du jeu grâce à des conditions d'enneigement favorables dès le début de la saison et à l'apport de l'enneigement artificiel. Leur fréquentation a progressé de 5 % alors qu'elle a baissé sur les autres massifs : - 4 % pour l'Isère, - 0,3 % pour la Savoie, - 6 % pour la Haute-Savoie. Ceci étant, sur quatre exercices, la fréquentation baisse de 8 % dans les Alpes du Sud et elle baisse également dans les autres massifs. Au niveau national, nous arrivons à - 1,5 % sur une saison et à - 6 % sur quatre exercices cumulés. Le résultat est que la France a perdu la première place mondiale pour la fréquentation des domaines skiables au profit des Etats-Unis et elle est désormais talonnée par l'Autriche.

Comment expliquez-vous ce recul ?
Il y a plusieurs raisons : les difficultés d'enneigement, les conséquences des attentats avec une baisse de la clientèle internationale. Il s'ajoute à ce contexte défavorable la fragilisation depuis plusieurs années de la santé financière des communes-stations à cause du désengagement de l'Etat et de dispositifs budgétaires inadaptés. Ces communes-stations sont frappées à la fois par la diminution constante des dotations de l'Etat et par l'augmentation des contributions au Fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales. C'est une double peine. La péréquation entre communes supposées favorisées et communes pauvres est très préjudiciable pour les maires de stations qui investissent, qui développent leurs équipements et qui doivent faire face à des charges importantes dans leurs budgets, en raison de la spécificité des stations. Ils se retrouvent pénalisés, au profit finalement de ceux qui ne font rien et qui ne sont pas touchés. J'ajoute que le développement des stations participe largement à l'attractivité touristique de la France. Nous sommes très mobilisés sur cette question et nous battons pour faire entendre notre voix.

Cette évolution rend indispensable le soutien de l'ensemble des collectivités locales à l'économie des stations…
Il y a différents modèles économiques selon les départements. Dans les Hautes-Alpes, les grandes stations se rapprochent du modèle des Alpes du Nord avec des gestionnaires privés, dans les Alpes-de-Haute-Provence, pour les stations les plus importantes, le modèle est intermédiaire. Dans les Alpes-Maritimes, si le conseil départemental ne s'était pas engagé en 2001 dans la création de syndicats mixtes pour épauler les communes et les stations des différents massifs, ces stations aujourd'hui ne seraient plus là ! Le département participe jusqu'à 95 % au financement de ces syndicats mixtes et a mobilisé 103 millions d'euros entre 2010 et 2017. La métropole Nice Côte d'Azur est ensuite apparue dans le Syndicat mixte des stations du Mercantour. Et la région Paca est également présente avec les contrats de stations. Je dois toutefois rencontrer prochainement le président Renaud Muselier pour m'assurer de la pérennité de ce dispositif de soutien de la région.

Faut-il, face au réchauffement climatique, poursuivre le développement de l'enneigement artificiel dans les Alpes du Sud ?
Les stations des Alpes du Sud se sont lancées très tôt dans l'installation d'enneigeurs et les taux de couverture atteignent à présent des niveaux suffisants. Tout l'enjeu, même si les aléas climatiques ne datent pas d'aujourd'hui, est d'optimiser le fonctionnement de ces enneigeurs grâce aux évolutions technologiques. Il est aujourd'hui possible, avec une température humide à - 2°, de produire de la neige. La production se fait sans adjuvants, les consommations énergétiques des équipements se réduisent… Dans le processus de diversification des stations de ski vers des stations de montagne, les retenues collinaires, qui servent à alimenter les enneigeurs l'hiver, peuvent se transformer en plan d'eau pour les loisirs l'été. De façon générale, nos syndicats mixtes soutiennent ces investissements de diversification et de création de nouvelles activités, hors période hivernale.

L'émergence des smart grids dans les stations, le développement de la smart moutain : un effet de mode ou un véritable défi pour les stations ?
Ce sont des enjeux très importants pour nos stations, que ce soit en termes de réduction des consommations énergétiques des équipements grâce à un pilotage optimisé ou d'amélioration de l'information des clients, au travers du développement du digital et de ses usages. La clientèle, toujours plus connectée et en réseaux, bouleverse les canaux et les réseaux traditionnels de réservation, dans un contexte de forte concurrence internationale. Le numérique appelle donc à repenser nos modèles d'organisation et le pilotage de nos stations. C'est pourquoi j'ai souhaité lancer au conseil départemental un plan d'actions appelé « smart deal » pour penser les usages numériques de demain et accompagner la transformation digitale du territoire : il s'agit d'un projet d'envergure qui passe, entre autres, par un territoire connecté grâce au déploiement de 3 800 km de fibres optiques, permettant l'Internet haut débit. L'investissement est conséquent avec 88 millions d'euros mobilisés.

Notre dossier complet consacré aux investissements des stations de ski de la région est à lire dans le numéro 1209 de TPBM (parution le 22/11/2017).



Rémy MARIO
Journaliste

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