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Bâtiments durables : l'interrégional en construction

le 03 mars 2017 - Jean Philippe PIERRAT - Organisations professionnelles

Bâtiments durables : l'interrégional en construction
J. Kerdraon - Les locaux des services techniques de Saint-Martin-de-Crau ont décroché le niveau or du label en phase réalisation.

Avec l'association Envirobat-BDM pour pilote, une structure interrégionale dédiée aux bâtiments durables et régionaux au sens large (méditerranéens, franciliens, aquitains…) est à l'étude. Précisions.

Après quatorze ans d’existence, l’association Envirobat-BDM continue de marquer des points de cohérence durable, un peu à la façon dont  fonctionne la démarche de conception, d’évaluation et de promotion des bâtiments durables méditerranéens qu’elle a mise en place. « Une certification participative de garantie », ainsi que l’explique sa présidente, Florence Rosa, qui tient à mettre en avant la dimension participative et le travail collaboratif, l’intelligence collective, sur lesquels celle-ci repose.

« Ce qui est remarquable en effet dans nos commissions d’évaluation interprofessionnelles », explique cette architecte qui exerce du côté de la maîtrise d’ouvrage, auprès d’une collectivité locale, « c’est que, non seulement elles se tiennent en public mais qu’elles réussissent aussi à mettre ainsi tout le monde autour de la table : maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, responsables politiques, de collectivités territoriales, bailleurs sociaux, promoteurs, entrepreneurs, filières industrielles… »

Et c’est d’ailleurs dans la lignée de cette bonne pratique, c’est-à-dire autour d’une table (de restaurant en l’occurrence), qu’avec Jean-Pascal Shaefer, le directeur de l’association, ils ont tous deux tenu à préciser leurs objectifs pour cette année 2017. 

Elargissement tous azim​uts

Cette dernière sera en particulier marquée par l’étude de préfiguration que s’est vu confier Envirobat-BDM. Financée par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et les différents clusters concernés, celle-ci vise « au déploiement interrégional du principe et à la constitution d’une structure adéquate pour cela », précise Jean-Pascal Shaefer. Il est vrai qu’une telle démarche, initiée au départ en Paca, a fait depuis tache d’huile et conquis d’autres régions comme l’Ile-de-France, avec Bâtiments durables franciliens (BDF), ou encore l’Occitanie et demain la Nouvelle Aquitaine. « L’objectif étant, bien entendu, de parvenir à une massification du bâtiment durable », indique encore le directeur d’Envirobat-BDM.

Deuxième enjeu : le lancement sur le terrain de la déclinaison de sa démarche au quartier à travers l’estampillage QDM pour Quartier durable méditerranéen. Première à s’y coller, le 26 janvier dernier, la Zone d’aménagement concerté (ZAC) Bel-Air à Avignon où s’est tenue, à l’Hôtel de ville, la première commission lui étant consacrée. De même, dans la région, la vaste opération urbaine autour de l’ex-hôpital Chalucet à Toulon, devrait lui emboîter le pas ainsi, sans doute, qu’à Marseille tout un quartier autour de la gare Saint-Charles. « Une évaluation moins facile que pour un simple bâtiment, soulignent les responsables de l’association, parce qu’il s’agit d’aménagements sur dix à quinze ans, et qui implique des rouages encore à mettre en place. »

Enfin, Envirobat-BDM entend poursuivre dans la voie des grands ensembles et des immeubles collectifs auxquels elle s’adresse également, copropriétés comme logements sociaux et à travers le prisme notamment de la rénovation énergétique. Last but not least*, cette structure pionnière de l’écoconstruction et de l’architecture soutenable dans notre région poursuit plus que jamais son étroite collaboration avec l’association régionale des HLM, avec le conseil régional notamment pour les lycées ou encore avec le conseil départemental du Var pour cette fois-ci les collèges, entre autres partenaires publics.

* Enfin et surtout.

Envirobat-BDM en chiffres

300 projets reconnus BDM (40 % d’habitat collectif, 40 % de tertiaire, 20 % de maisons individuelles), soit plus d’un million de mètres carrés ;
130 accompagnateurs BDM (professionnels agréés par l’association) ; 
100 : le nombre de points pouvant être attribués à un projet ;
7, le nombre de critères environnementaux, sociaux et économiques du référentiel de la démarche : gestion de projets, territoire & site, matériaux, énergie, eau, confort & santé, social & économie.
4 : le nombre de niveaux de performance de la labellisation (or, argent, bronze, cap BDM) ; au fur et à mesure de l’évolution de la démarche, celle-ci est devenue plus exigeante. « Pour décrocher le niveau or désormais, il faut notamment beaucoup de matériaux biosourcés », explique par exemple Jean-Pascal Shaefer.  
3 : le nombre de passages devant la commission (en phases de conception, réalisation et fonctionnement) ; 
1,5 M€ : montant des subventions versées par la région et l’Ademe pour le fonctionnement de l’association financée aujourd’hui pour moitié en fonds propres.



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