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Ascensionnelle Celina Pigeat !

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Ascensionnelle Celina Pigeat !
J Ph Pierrat - Celina Pigeat signe une première oeuvre à la hauteur

« Coincée » pour sa première réalisation, sa première œuvre comme on dit dans ce métier, entre l'ouvrage d'un prix Pritzker et celui d'une grande signature de l'architecture hexagonale, la jeune architecte marseillaise Celina Pigeat s'est montrée à la hauteur.

Sélectionnée avec l'Atelier 82, elle a hérité du projet. « Quand je m'en suis vue confier la réalisation, j'ai failli défaillir », raconte en souriant Celina Pigeat, jeune architecte marseillaise de 37 ans qui, pour sa première œuvre, ce qui n'est déjà pas simple, s'est trouvée en plus en voisinage immédiat avec deux très grandes signatures de l'architecture.

Haute de dix-sept étages, la tour de logements qu'elle a réalisée pour l'écoquartier Smartseille, à Arenc, dans la cité phocéenne, s'immisce en effet juste entre l'hôtel et les bureaux conçus par Eduardo Souto de Moura, starchitecte portugais ayant décroché le Pritzker, la plus haute distinction dans le domaine de l'architecture, et le siège social régional d'Eiffage dû à la non moins renommée et marseillaise Corinne Vezzoni, l'auteure entre autres du récent Thecamp et sans aucun doute une des architectes de l'Hexagone les plus en vue, excusez du peu ! C'est une des volontés du promoteur Eiffage qui pour la construction de cet écoquartier pilote a fait appel à un savant mélange d'architectes expérimentés et de plus jeunes pousses.

Tombée dedans toute petite

Pas impressionnée pour autant, la représentante de cette 2e catégorie plus verte s'en est très bien sortie et sa « tour aux moucharabiehs », en passe d'être livrée, se fait déjà remarquer. Son auteure confie avoir toujours su ce qu'elle voulait faire dans ce métier, à savoir « faire de l'architecture », comme elle dit. « Avoir cette liberté et pas seulement celle de faire des façades ou de l'archi intérieure », soutient celle qui comprend dès lors qu'on puisse la trouver parfois « autoritaire » ou encore comme « ayant du caractère…». Ce n'est pas sa faute. « L'architecture, je suis tombée dedans toute petite », explique Celina Pigeat en racontant qu'enfant, elle accompagnait souvent sa maman (à qui elle doit son origine à moitié argentine) dans les ateliers de l'école d'architecture de Luminy où elle étudiait. Elle en revanche a fait ses études à Paris avant de revenir exercer dans sa ville natale. Un bon choix semble-t-il.

Dans ce contexte spécifique de Smartseille où elle n'a pas eu la maîtrise d'œuvre d'exécution en main, son caractère affirmé lui a permis de défendre jusque bout son projet « où tout avait été très précisément dessiné dès le départ ». « Je suis une mono-maniaque des lignes », confie-t-elle encore au pied de la tour toute en saillie et à la silhouette déconstructiviste qu'elle a fait naître, avant de se lancer à pied par l'escalier à l'assaut des dix-sept étages pour en faire découvrir les attraits. Cette jeune femme ne manque pas de souffle non plus…

Des intentions généreuses

« Pour une question de densité, la superposition des deux programmes de logement, l'un destiné à l'accession et l'autre social, s'est très vite imposée, souligne-t-elle à propos de cette mixité rarement aussi tranchée avec donc les 60 logements destinés à la vente répartis dans les étages supérieurs, et les 49 appartements sociaux logés en dessous, aux sept premiers étages. Et entre les deux, au 8e étage, là où la silhouette de la tour « s'affine en taille de guêpe » comme le dit joliment son auteure, une immense terrasse est glissée sous un audacieux porte-à-faux.

Au départ, la jeune architecte, encore un peu (fleur) bleue dans la profession, elle le reconnaît volontiers, y aurait bien disposé « une terrasse collective où cultiver fruits et légumes qui auraient pu être distribués, circuit court, dans une épicerie aménagée en rez-de-chaussée… ». Car pour celle-ci qui se met toujours à la place de l'utilisateur des espaces qu'elle conçoit, et à plus forte raison lorsqu'il s'agit de logements, hors de question loger des appartements en rez-de-chaussée, « une hérésie » selon elle. Sur le point d'être livré, son premier immeuble a finalement hérité à ce niveau-là d'une conciergerie de nouvelle génération, avec son jeune concierge fort aimable - laquelle sert déjà aux immeubles voisins en fonctionnement - d'une salle de vie commune, d'un local à vélos digne de ce nom et de halls d'entrée spacieux et lumineux pour l'ensemble de ses futurs habitants.




Jean Philippe PIERRAT
Journaliste

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