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« L'Area Provence-Alpes-Côte d'Azur, acteur du développement des territoires »

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« L'Area Provence-Alpes-Côte d'Azur, acteur du développement des territoires »
D.R. - Le président de l'Area Paca, Pierre-Paul Léonelli, accompagné du directeur Laurent Gellé-Lacroix.

Pierre-Paul Léonelli préside le conseil d'administration de l'Area Paca (Agence régionale d'équipement et d'aménagement) depuis dix-huit mois. Un mandat que cet élu niçois exerce avec un mélange de détermination et de doigté. Avec une ligne directrice : faire de cette société publique locale trentenaire un acteur incontournable de l'aménagement et du développement des territoires.

TPBM : Vous présidez la société publique locale Area Paca qui fête son trentième anniversaire. Comment envisagez-vous l'avenir ?
Pierre-Paul
Léonelli
: Mon ambition est d'afficher l'Area comme l'opérateur économique et le bras armé de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. A sa création, en 1987, la société avait pour vocation première la construction des lycées pour le compte de la collectivité régionale. Cette mission est longtemps restée son cœur de métier. Au fil du temps, elle a élargi ses compétences à l'aménagement à travers la mise en œuvre de ZAC*, par exemple à Arles, avec la ZAC des Ateliers, à Briançon, avec la ZAC Cœur de Ville, ou encore la ZAC des Chalus à Forcalquier. Cette expertise d'aménageur, je souhaite désormais la déployer au service des nouveaux acteurs des territoires comme les métropoles, ou des départements. L'heure est à la transversalité et à la mutualisation. Une démarche que j'ai eu l'occasion d'appréhender durant ma pratique professionnelle [Pierre-Paul Léonelli a été haut fonctionnaire territorial, directeur général des services de plusieurs collectivités azuréennes durant près de vingt-cinq ans, NDLR]. C'est d'ailleurs cette exigence qui nous a conduits à recruter un directeur général issu de l'administration [avant de diriger l'Area, Laurent Gellé-Lacroix était directeur général des services de la ville de Plan-de-Cuques, aux portes de Marseille, NDLR).

L'Area est le bras opérationnel de la région, une collectivité pas toujours bien identifiée par les citoyens...
La région peut parfois manquer de lisibilité et les citoyens ne savent pas toujours à quoi elle sert. Elle ne doit plus être considérée comme un simple bailleur de fonds qui distribue des subventions tous azimuts. A travers l'Area, elle peut répondre à des tas d'enjeux locaux, aussi bien dans le domaine de l'aménagement que du développement. Prenez l'exemple du numérique : il reste de nombreux territoires dépourvus de couverture wifi. Comment peut-on imaginer que des touristes vont venir dans une station de sports d'hiver des Hautes-Alpes s'il n'y a pas de connexion Internet ? La région, dans le sillage de Christian Estrosi et de Renaud Muselier, a fait de ce sujet du très haut débit une de ses priorités d'action. L'Area est justement l'outil qui doit accompagner les collectivités vivant dans ces zones blanches sur ces enjeux de développement économique.

Comment pouvez-vous venir en aide à ces collectivités ?
D'abord en montrant l'exemple : en 18 ans, nos prédécesseurs ont construit huit lycées. En 18 mois, nous en avons lancé cinq. Si on ajoute les ZAC d'Arles et de Briançon, mais aussi les projets sur Cannes, sur Vence, sur la métropole niçoise avec la Cité européenne de la santé, le projet de reconversion de l'ancien hôpital Saint-Roch en pôle de la sécurité, le projet de plate-forme multimodale de Carros… nous ne manquons pas de grain à moudre !

En 2007, l'Area a été l'une des premières Sociétés d'économie mixte (SEM) du pays à adopter le statut de Société publique locale d'aménagement (SPLA). Dix ans plus tard, ce statut 100 % public (ou « in house ») est-il suffisant pour répondre aux enjeux du territoire régional ?
Il faut faire un peu d'histoire. Au croisement des années 1980/90, certaines SEM locales ont défrayé la chronique. Ce qui a rendu les élus plus hésitants quant à l'intérêt de ce type d'outil. Beaucoup ont alors opté pour le statut 100 % public de la SPL. Aujourd'hui, l'outil SEM revient en grâce. Mais au-delà du statut, le véritable enjeu est celui de la mission des entreprises publiques locales, des outils au service de l'intérêt général. En tant que SPL, l'Area fonctionne un peu en quasi régie au service de ses actionnaires, notamment la région qui détient 94 % de son capital. On construit des lycées, on les entretient, on assure leur maintenance, on répond aux enjeux de performance énergétique… On peut par exemple accompagner une commune dans la mise en œuvre de sa stratégie de transition énergétique, étudier les pistes permettant de maîtriser les coûts de fonctionnement des bâtiments de son parc immobilier…

Récemment, nous avons rencontré Bernard Reynès, le député-maire de Chateaurenard qui porte avec sa commune un gros projet de redéploiement du Marché d'intérêt national (MIN). La région met 20 millions d'euros dans le financement de cette opération qui vise à créer rien moins qu'un « Rungis provençal ». Il est logique qu'elle souhaite faire bénéficier la commune de l'expertise de son bras armé. En agissant ainsi, elle sort de son rôle de simple bailleur de fonds.

Avec la SPL, l'autorité territoriale garde les clefs : c'est le maire qui fait fonctionner son projet. Nous ne sommes pas un opérateur privé qui a la rentabilité pour seul horizon. Lorsque vous intervenez pour une commune ou un groupement, l'élu a en tête une priorité : le coût pour sa collectivité et l'intérêt général. En confiant son projet directement à sa SPL, il gagne du temps et de l'argent, car il fait l'économie d'une mise en concurrence et bénéficie de conseils experts en ingénierie qui préservent l'intérêt général.

* Zone d'aménagement concerté.

Retrouvez la suite de cette interview dans notre dossier consacré à l'Area Paca du numéro 1187 de TPBM (parution le 21/06/2017).




William Allaire
Journaliste

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